Béné-Israël - Les Enfants d'Israël

J’entends souvent dire à la période de la fête de ‘Hanoucca ou de Pourim que se sont “la fête des enfants. ” Je ne sais pas d’où vient cette idée si répandue et quelle en est la source dans nos textes. Il est vrai, cependant, qu’il est recommandé, pendant ces deux fêtes, de faire vivre à nos enfants ces événements d’une façon toute particulière, mais la Torah nous impose, à nous les adultes, de nous réjouir le jour de Pourim autant que nos enfants, si ce n’est plus. Concernant ‘Hanoucca, même si la coutume veut que les enfants aussi allument les bougies, la loi ne l’impose qu’aux adultes.

En réalité, la fête des enfants, c’est la fête de Pessa’h. Nous ouvrons les festivités par le Séder et la lecture de la Haggadah. Cette cérémonie est entièrement tournée vers les enfants. Ainsi la Haggadah, qui signifie récit, vient de l’injonction faite par la Torah dans le verset : “ Véhigadta, et tu raconteras à ton fils. ” La soirée est organisée sous une forme d’échange de questions et de réponses entre le fils et le père.

L’enfant pose les quatre questions de Ma Nichtana et le père s’applique dans sa réponse en faisant le récit, devant sa famille, de la sortie d’Egypte. Il adapte son discours au niveau de l’enfant qui est en face de lui. Car il peut y avoir quatre types d’enfants, nous dit-on dans la Haggadah.

La transmission aux générations suivantes est importante. Elle est indispensable. Cette transmission de notre passé et de notre histoire est la garantie pour notre avenir.

Nous racontons à nos enfants les moments les plus tristes et les plus sombres de notre histoire, mais nous leur disons surtout, ce soir, que Hachem nous a choisi pour accomplir une mission, faire de ce monde une résidence pour D-ieu. C’est pourquoi, jamais Hachem ne nous laissa dans la détresse et il nous libéra des différents oppresseurs.

Nous enseignons aussi, à nos enfants, l’importance de la reconnaissance. Nous devons louer D-ieu pour les bienfaits qu’Il nous procure et pour les merveilles qu’Il nous fait vivre. Nous leur apprenons encore que Pessa’h n’est pas une fête du passé mais qu’aujourd’hui, “chacun doit se considérer comme sorti lui-même d’Egypte. ”

En répondant aux questions de notre enfant, nous lui apprenons à répondre à celles qui lui seront posées, plus tard, par d’autres.

Enfin, le récit de Pessa’h nous apprend – et je considère que c’est le plus important – l’espoir.

En Egypte, nos mères ont enseigné l’espoir à leur époux et à leurs enfants. Elles ont, de ce fait, donné naissance à la génération de la délivrance. Ces enfants ont constitué les Tsivoth Hachem, l’armée d’Hachem. Ce sont eux qui ont reconnu, les premiers, Hachem, notre D-ieu, au moment de la traversée de la Mer Rouge.

Profitons de ces derniers jours de Pessa’h – jours de la Traversée de la Mer Rouge et de l’anticipation de la Guéoulah – pour enseigner l’espoir à nos enfants, pour leur apprendre la Guéoulah et pour leur donner envie de Machia’h.

Alors, comme nous dit le Midrash, nos enfants seront les premiers à reconnaître notre libérateur, Machia’h Tsidkénou.

Rav Eliahou DAHAN

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