Les quatre questions de Ma Nichtana sont – d’après la coutume ‘Habad – posées dans l’ordre suivant :
Matbilin – Toutes les nuits nous ne sommes pas tenus de tremper ne serait-ce qu’une seule fois, cette nuit, nous le faisons deux fois !
Matsa - Toutes les nuits nous mangeons du ‘Hamets et de la Matsa, cette nuit, seulement de la Matsa !
Maror - Toutes les nuits nous mangeons n’importe quelle sorte de légume, cette nuit, du Maror !
Messoubin - Toutes les nuits nous mangeons assis ou accoudés, cette nuit, nous sommes tous accoudés !
Quelle est la raison de cet enchaînement particulier ?
Nous ne pouvons pas dire que les questions sont présentées par ordre d’importance. Car, s’il en était ainsi, la question concernant l’obligation de manger de la Matsa à Pessa’h – Mitsva explicite de la Torah – aurait été rappelée en premier. Puis, suivrait le Maror qui n’est aujourd’hui qu’une institution de nos sages. Le fait de s’accouder viendrait logiquement en troisième position puisqu’il symbolise la liberté, reléguant, ainsi, le trempage des légumes, qui n’est qu’une coutume, en dernière position.
Les questions ne sont pas, non plus, énoncées dans l’ordre chronologique du Seder. Nous commençons la soirée par le Kidouch et nous buvons la première coupe de vin en position accoudée. Méssoubin devait alors précéder la question de Matbilin – le trempage du Karpass dans l’eau salée qui vient après le Kidouch.
Matbilin – le trempage – est pourtant la première question posée par l’enfant juif. Le trempage attire son attention et saisit son regard, en dépit du fait que ceci n’est ni une injonction de la Torah, ni même une institution rabbinique. La curiosité de l’enfant est stimulée précisément par la coutume Juive.
Il existe certaines personnes qui admettent que l’on doit faire l’impossible pour pratiquer les Mitsvoth de la Torah et cela à tout prix, même dans le cas où cela impliquerait un sacrifice personnel. Toutefois, selon eux, les coutumes juives ne sont pas si importantes. Ainsi, si des difficultés venaient à se présenter face à l’application des coutumes Juives, ces personnes n’hésiteraient pas à y renoncer, puis, elles réduiraient la valeur de leurs significations.
L’ordre des questions posées au Seder nous apprend que personne de doit jamais déprécier un Minhag Israël – une coutume Juive. C’est précisément la coutume qui est citée en premier lieu dans la Hagadda. C’est la coutume qui stimule l’enfant et elle le pousse à poser les autres questions.
Ce sont les coutumes Juives qui nous différencient de notre entourage non-juif. Car, c’est en observant les coutumes que notre particularisme est apparent, ainsi nous disons : “ Tu nous as choisi parmi les nations ! ” et “ La coutume Juive est Torah. ”
Likouté Si’hoth Vol I