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Histoires sur Roch HaChanna |
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Rabbi Lévi-Yits’hak de Berditchev rapporta, un jour, cette métaphore : Une fois, un roi partit se promener dans la forêt. Il s’égara et malgré ses efforts, il ne réussit pas à rejoindre son chemin. Plus il cherchait, plus il s’enfonçait dans les bois – jusqu’au moment où, épuisé, il fut découvert par un homme qui reconnut son roi. Cet homme sortit le monarque de la forêt et le raccompagna au palais royal. Le roi couvrit cet homme de cadeaux et lui offrit un poste important à la cour. Malheureusement, les années passèrent et un jour arriva où le fidèle serviteur fauta gravement envers le roi. Il fut alors jugé et la sentence fut redoutable. Juste avant l’application de la peine, le roi se tourna vers son sujet et lui dit : « As-tu un souhait particulier ? » « Je n’ai qu’un seul désir ! » répondit l’homme. « Mon seul souhait est que sa Majesté me permette de me vêtir de la tenue que je portais au moment où je l’ai trouvé dans la forêt ; et je voudrai que vous aussi fassiez de même. Ô ! Mon roi, Mettez, s’il vous plaît, les habits que sa Majesté portait ce jour. Je n’ai aucune autre requête. » Alors le roi se mit à sourire et il s’exclama : « Ta sagesse t'a sauvé ! » En effet, par les mots prononcés par le serviteur, le roi se souvint des bienfaits d’antan de son loyal serviteur et il épargna celui qui un jour lui sauva la vie. Il en est ainsi chaque année au moment où nous sonnons le Choffar le jour de Roch-Hachanna, dit Rabbi Levi-Yits’hak, nous rappelons à Hachem tout ce qu’Avraham a fait pour Lui – commençant par le sacrifice d’Yits’hak – et la Méssirouth Nefech de toutes ces générations de Juifs qui proclamèrent fièrement Son Existence. Alors, D-ieu se souvient et nous donne une bonne et douce année. Le Baal Chem Tov convoqua, quelques jours avant Roch-Hachanna, un de ses disciples, Rabbi Wolf Kitzis. Il lui recommanda d’étudier les Kavanoth – les significations mystiques – auxquelles il faut penser en sonnant le Choffar. Le maître souhaitait que ce soit Rabbi Wolf qui sonne durant le Saint Jour de Roch-Hachanna. Le ‘Hassid ne perdit pas un instant et il se mit à apprendre assidûment les sens mystiques de la Mitsva. Puis, pour plus de précautions, il nota sur un petit papier quelques rappels sur la correspondance des noms Divins avec les sonneries. Lorsque le Baal Chem Tov apprit que son élève avait préparé une anti-sèche, il ne s’en réjouit pas. Le Jour de Roch-Hachanna arriva et au moment de sonner le Choffar, Rabbi Wolf ne retrouva pas son petit papier ; il fut alors contraint de sonner le Choffar sans aucun rappel aux sens mystiques de la Mitsva. Ceci le contraria et lui fit beaucoup de peine. Il se mit à pleurer d’un cœur brisé. Après l’office, le Baal Chem Tov dit à son élève : « Sache que dans un Palais Royal, il y a de nombreuses salles et chacune a sa propre clé. Cependant, il existe un outil qui a le pouvoir d’ouvrir toutes les portes : une hache. Les Kavanoth sont les clés des portes du Ciel ; Chaque porte a sa clé et chaque sonnerie a sa Kavana. Néanmoins, le cœur brisé et le sentiment d’humilité constituent le passe-partout pour tous les Palais Célestes. » Rabbi Israël de Rouzin rentra un jour de Roch-Hachanna dans sa synagogue et il s’adressa à ses élèves en ces termes : « Permettez-moi de vous raconter une petite histoire ! Une fois, un paysan se rendit pour la fête de Roch-Hachanna en ville. Cet homme – comme beaucoup de paysans à son époque – était analphabète ; il ne savait ni prier, ni étudier. A la Shul, il passait son temps à observer les fidèles en attendant que l’office se finisse. » « Quel ne fut pas son étonnement lorsqu’il s’aperçut qu’au moment de la Amida, la synagogue se drapa de gravité et que pratiquement tous les fidèles se mirent à pleurer. » « Pourquoi toute cette peine ? Pourquoi tant de pleurs ? » se demanda le paysan. « Je ne comprends pas, il n’y a pourtant pas eu de dispute ! ? Il y avait une bonne ambiance ! » « Après réflexion, le paysan conclut que l’office se prolongeant, les fidèles doivent avoir faim. Et puisque le paysan avait lui aussi faim, il se joignit à l’assemblée et il se mit aussi à pleurer. » « Après la Amida, les personnes cessèrent de pleurer. Le paysan mit alors en doute sa théorie, jusqu'au moment où une idée lumineuse jaillit de son esprit : Bien-sûr, ils ne pleurent plus, car ils se consolent du fait qu’ils ont laissé le Tcholent sur le feu avant de partir. Or, il est recommandé de laisser mijoter ce plat pendant de longues heures afin d’attendrir la viande. La longueur de la prière ne fera qu’améliorer le goût ! » « On fit la lecture du Sefer Torah puis la communauté se concentra sur les préparatifs pour le Choffar. L’atmosphère se glaça encore une fois et tous se mirent à pleurer. Notre paysan ne comprenait plus rien, mais après une rude réflexion, il s’exclama : ‘C’est peut-être vrai qu’il est préférable que le plat mijote, mais l’assemblée n’en peux plus ! Elle n’a plus la force d’attendre !’ Le pauvre homme se remit alors à pleurer. » Rabbi Israël conclut son récit et ajouta : « Mes amis, ce récit est en fait une parabole sur le Galouth – l’exil. » |