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Souccoth |
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Servir D-ieu partout et en tout…et dans la joie Par delà les rituels attachés à la fête de Soucoth, c’est la joie qui constitue l’inspiration de la fête tout entière. C’est avant tout la joie d’avoir vu les fautes pardonnées et aussi celle d’avoir le privilège de servir D-ieu en tous les domaines de notre vie. Les commandements attachés à la fête de Soucoth attestent en effet que la Torah investit toutes les dimensions de la vie. La Soucah qui constitue notre environnement durant huit jours nous rappelle que le service de D-ieu doit investir tous les espaces de notre vie et ne saurait être circonscrit à des lieux privilégiés comme la synagogue ou le lieu d’étude. De même la Soucah nous invite-t-elle à investir notre personne tout entière pour l’accomplissement des Mitsvot – Commandements - et non certaines de nos ressources. De même le Loulav et les trois plantes que nous avons pour Mitsvah d’agiter à Soucoth caractérisent pour notre tradition les quatre sortes de juifs qui constituent notre peuple. Le message est ici que la Torah ne saurait être le privilège d’une minorité d’élus mais qu’elle constitue l’héritage de tous les juifs et qu’aucun d’eux ne saurait en être privé. C’est cette plénitude dont est investi le service de D-ieu qui pénètre la fête de Soucoth d’une joie intense et débordante. Les deux Mitsvoth relatives à la fête de Souccoth sont : 1) de séjourner dans une Souccah pendant sept jours, et 2) de prendre quatre espèces de végétaux, le Etrog, le Loulav, Les Hadassim et les Aravoth (le cédrat, la branche de palmier, le Myrte et du saule). Nos sages nous recommandent – même s’ils sont deux commandements distincts – de relier ces deux Mitsvoth. Il serait appréciable, disent-ils, que l’homme fasse la bénédiction sur ces quatre espèces dans la Souccah. Ainsi la Mitsva sera faite avec Hiddour – éclat. La Souccah encadre l’homme et tous ses biens de sainteté. Les quatre espèces permettent à l’homme d’intérioriser l’expérience sainte de la Souccah, comme il est écrit : « Vous prendrez pour vous un cédrat... » C’est pourquoi nous plaçons les quatre espèces près du cœur au moment de la prière. Nous exprimons, ainsi, notre souhait de voir les effets de ces actes être ressentis jusque dans le siège de nos émotions. Puis, c’est à partir de là, de notre cœur, que les autres organes – le cerveau compris – tireront leur inspiration. En d’autres termes : ces deux Mitsvoth symbolisent deux éléments du service de D-ieu. Le caractère enveloppant de la Souccah représente les qualités transcendantes de la Messirouth Nefech – le sacrifice de sa personne pour D-ieu. Ce degré surpasse tout autre attribut de l’homme. La Mitsva des quatre espèces met l’accent sur l’investissement des aptitudes humaines dans le service de D-ieu. Toutes les facultés intellectuelles ou sentimentales doivent participer à la vie religieuse de l’homme. Il semble, à première vue, que le fait de faire descendre les révélations produites par la Souccah – la transcendance – dans les dimensions révélées par les quatre espèces soit une digression. Pourquoi nos sages recommandent-ils, alors, de prendre les quatre espèces dans la Souccah ? En fait, le Judaïsme considère que le point culminant de la Messirouth Nefech s’exprime lorsque l’homme est capable de ressentir avec tout son être – intellect et sentiments – cette exaltation. C’est de cette manière que la Messirouth Nefech peut pénétrer l’individu tout entier et devenir une partie intégrante de son existence ; de plus, si la Messirouth Nefech réussit à investir la personne, c’est la preuve qu’elle est vraie et qu’elle n’est pas la manifestation d’un sentiment superficiel. La fête de Souccoth fait partie des trois fêtes de pèlerinage – Pessa’h, Chavouoth et Souccoth. La Torah nous indique au sujet de ces fêtes (Deutéronome 16 – 14) : « Tu te réjouiras le jour de ta fête. » Cependant, c’est la fête de Souccoth qui est nommée dans nos prières : « Zeman Sim’haténou – le temps de notre joie. » La Mitsva qui est sensée nous apporter la joie est la Mitsva des quatre espèces car il est dit : « Vous prendrez, pour vous, le premier jour, un cédrat, une branche de palmier, des rameaux de myrte ainsi que des saules de rivière et vous vous réjouirez pendant sept jours. » De même que la véritable Messirouth Nefech est celle qui ne reste pas à l’état de la transcendance, mais celle qui investit toutes les forces intérieures de l’homme, il en est ainsi pour la joie qui ne pourrait être réelle que si elle est ressentie par l’homme profondément. Il est vrai que la joie n’a pas de mesure et qu’elle dépasse toutes les limites de l’intellect. Mais elle ne sera permanente que lorsqu’elle sera intériorisée. Cette joie est donc le résultat de la fusion du niveau englobant de la Souccah avec le monde des réalités des quatre espèces – Vous prendrez pour vous ... et vous vous réjouirez. Likouté Si’hoth Vol XXIV « Vous prendrez, le premier jour [de Souccoth], le fruit d’un bel arbre [Etrog], une branche jointe de palmier, des rameaux de feuilles de myrte et des saules de rivière ; vous vous réjouirez devant l’E-ternel votre D-ieu pendant sept jours. » (Lévitique 23 – 40) Concernant les trois premières espèces, les conditions données dans la Torah doivent être remplies à la lettre pour accomplir la Mitsva comme il se doit. L’Etrog doit être un fruit entier et de bel aspect ; s’il paraît sec, il devient impropre. La branche de palmier doit être jointe, c’est-à-dire que ses feuilles doivent rester attachées à la tige centrale. Le myrte doit être composé de façon régulière de séries de trois feuilles qui poussent depuis la même souche. Cependant, le saule de rivière ne doit pas nécessairement pousser près d’une rivière ; tant qu’il fait partie de la famille des saules, il remplit déjà la condition pour servir à la Mitsva. Nous pouvons nous interroger sur la raison de cette différence dans la loi. Le Midrash nous dit que les quatre espèces de végétaux utilisés pendant Souccoth symbolisent quatre types de Juifs : l’Etrog possède un bon goût et une bonne odeur ; il symbolise le Juif qui a pour qualité l’étude de la Torah et celle de faire des bonnes actions. La branche de palmier [issu d’un dattier] a un goût mais n’a pas d’odeur particulière ; elle représente le Juif qui étudie mais qui fait peu de bonnes actions, proportionnellement à son étude. Puis nous avons celui qui produit de bonnes actions sans étudier, comme le myrte a une odeur et dont le goût est absent. Le saule n’est pas comestible et n’a pas d’odeur, non plus ; il désigne celui qui ne possède ni la Torah ni les bonnes actions. La Mitsva est de prendre toutes ces quatre espèces à Souccoth afin de représenter la situation idéale dans laquelle tous les Juifs sont unis. Ceci est la différence fondamentale entre les trois premières espèces et le saule. Les trois premières espèces végétales ont un point commun ; elles ont chacune certaines qualités apparentes. Par conséquent, il est plus facile de concevoir qu’elles puissent s’unir. En les reliant avec le saule - le Juif qui n’a aucune qualité – nous montrons que cette unité n’est pas le fruit d’un rassemblement des qualités, mais plutôt, le reflet de l’essence commune qui les habite; car lui aussi est Juif. Ce caractère est intrinsèque à tout individu descendant d’Avraham, d’Yits’hak et de Yaakov, même s’il ne manifeste aucune qualité apparente. Même si cette personne ignore son Judaïsme, elle garde ce caractère essentiel. C’est pourquoi, il existe une différence entre les trois premières espèces et le saule. Ce dernier ne doit pas obligatoirement pousser au bord d’une rivière pour être relié aux autres. Même si un Juif ne grandit pas près de ses frères et de sa culture, étant le descendant d’Avraham, d’Yits’hak et de Yaakov, il est donc une partie intégrante du peuple Juif, et il est, de ce fait, relié aux autres. A l’instar de ces quatre espèces qui sont toutes indispensables pour faire la Mitsva, ainsi tous les Juifs doivent développer l’unité ; si le saule manque à l’appel, c’est le Judaïsme, dans sa totalité, qui fait le déficit d’une de ses composantes essentielles. Et de même que le saule n’a pas besoin de qualité apparente pour pouvoir faire partie du bouquet, ainsi doit être notre rapport avec le juif-saule, il doit exister sans aucune condition préalable. Likouté Si’hoth Vol XXII Tous les fêtes Juives mettent l’accent sur la joie ainsi que nous l’exprimons dans l’office : « …des commémorations pour se réjouir, des fêtes et des périodes pour l’allégresse. » Parmi ces célébrations, Souccoth est particulièrement joyeuse au point où elle est qualifiée dans le rituel de « Zeman Sim’haténou - Temps de notre Joie. » C’est dans ce contexte que prenaient place de joyeuses célébrations et des Mitsvoth spécifiques durant cette fête. A l’époque du Temple, les sacrifices étaient accompagnés de libations de vin ; pendant Souccoth, une libation supplémentaire était offerte : Nissou’h Hamayim – la libation de l’eau. Ce rite se faisait dans une ambiance festive ainsi qu’il est écrit (Isaïe 12 – 3) : « Vous puiserez les eaux dans l’allégresse… » Ainsi, toutes les nuits de Souccoth une joyeuse procession se rendait à la source et revenait accompagnée de chants et de danses. Nos sages affirment, d’ailleurs, que « celui qui n’a pas eu la chance d’être témoin de la joie qui accompagnait le puisage de l’eau, n’a en fait jamais connu de véritable expérience joyeuse. » En quoi ce rite était-il si spécial ? Pourquoi prenait-il place justement durant les fêtes de Souccoth ? A priori le vin est plus à même d’apporter la joie ! Le Talmud nous enseigne que « des louanges joyeuses – Psaumes – n’étaient récitées qu’au moment où des libations de vin étaient offertes. » Néanmoins, la joie qui était issue de ce rite entrait dans un cadre naturel du fait que le vin mène naturellement à la réjouissance. La libation du vin symbolise l’expression de la joie de servir D-ieu ; mais cette joie ne saurait être inaltérée et pure puisqu’elle est conditionnée. L’eau, pour sa part, n’a pas de goût spécifique et du fait qu’elle ne contienne pas d’alcool n’apporte pas, en elle-même, de joie à la l’homme qui la consomme. La joie qui accompagnait alors l’offrande de l’eau était totalement dénuée de facteur naturel menant à la joie. Dans ce cas, la joie était uniquement de nature spirituelle puisqu’elle n’émanait que du seul commandement : « Vous puiserez les eaux dans l’allégresse… » La joie issue des libations de vin était conditionnée et limitée ; tandis que celle qui accompagnait le Nissou’h Hamayim embrassait la nature illimitée du commandement Divin. Dans le cadre du service de D-ieu, la joie des libations de vin symbolise la joie produite par l’étude et la contemplation, alors que celle qui suit la libation de l’eau illustre un niveau où l’individu vit une démarche où la raison est transcendée. Lorsque l’homme prend conscience du privilège d’appliquer les Mitsvoth et de s’unir – grâce à elles – à la Divinité, il est aussitôt habité d’un sentiment de joie. Cependant, cette joie qui résulte de sa propre réflexion – par nature limitée – a elle aussi ses limites. Par ailleurs, lorsque l’homme atteint le niveau d’une totale abnégation, la démarche intellectuelle devient superflue. A ce degré, dès qu’il ressent une proximité avec le commandement Divin, il s’emplit de joie – d’une joie qui transcende toutes les limites de la réflexion. C’est pour cela que cette joie trouva sa place dans le cadre de la fête de Souccoth. La joie de Souccoth est le produit des expériences spirituelles de Roch-Hachanna, des 10 jours de Téchouva et de Yom Kippour. En ces jours l’essence de l’homme se relie à l’essence Divine. Ce lien prend, alors, toute son ampleur durant la fête de Souccoth au moment de l’offrande de l’eau – une joie qui laissait l’essence de l’être s’exprimer en transcendant les limites de la raison. Likouté Si’hoth Vol XXIV |
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