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Roch HaChana |
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Roch-Hachanna – Tête de l’Année Roch-Hachanna – Le Couronnement Un joug agréable à porter Le jour de Roch HaChanah célèbre davantage que le seul « Nouvel an ». Du reste, le nom même de la fête l’atteste. « Roch HaChanah » signifie littéralement « tête de l’année » et, comme tous les termes en usage dans notre tradition lesquels sont porteurs de signification, celui-ci n’est pas fortuit. La tête est le siège des fonctions les plus nobles de l’individu. C’est en elle que naissent toutes les impulsions dont le corps est appelé à retentir. Sans elle, c’est à dire sans l’ascendant qu’elle exerce sur le reste du corps, celui-ci n’a d’existence que végétative et il est privé de toute vocation intelligente. Telle est la fête de Roch HaChanah : l’occasion pour l’âme juive de puiser à sa « tête », de se nourrir à nouveau d’une vocation raffermie dont le rayonnement accompagnera le service de D-ieu durant l’année entière, tout comme la tête régente toutes les démarches du corps tout entier. Cette vocation participe avant tout du concept qui est au cœur de la liturgie de Roch HaChanah : le désir profond d’adhérer pleinement à la royauté de D-ieu, qui s’affirme plus que jamais le jour qui commémore la création de l’univers. Cette acceptation du joug de la royauté divine garantit que les actes accomplis au cours de l’année qui vient seront empreints du sceau et de la ferveur authentique nécessaires à épanouir la vocation juive. Roch-Hachanna – Tête de l’Année La fête de Roch-Hachanna peut être vue sous trois angles qui reflètent chacun un aspect différent du service de D-ieu : Roch-Hachanna fait partie d’un ensemble de dix jours appelés Asséreth Yémé Téchouva – les Dix jours de Téchouva. Le prophète dit à leur sujet (Isaïe 55 – 6) : « Cherchez D-ieu pendant qu’Il est accessible ! Appelez-le tandis qu’Il est proche. » Roch-Hachanna a un caractère qui lui est propre : c’est la tête de l’année. La Mitsva du jour de Roch-Hachanna est d’écouter le Choffar. Il est clair que si nous avions à classer par ordre d’importance ces trois composantes, nous le ferions de la façon suivante : Le caractère spécifique de Roch-Hachanna précéderait les deux autres, suivrait le phénomène de Téchouva contenu dans ce jour. La Téchouva transcende toutes les autres Mitsvoth. Grâce à elle, l’homme est capable de rectifier les erreurs commises dans la pratique des Mitsvoth. Enfin, viendrait la Mitsva particulière de ce jour – le Choffar. Le Talmud affirme que la mission spécifique de Roch-Hachanna est de couronner le Roi – D-ieu. L’acceptation d’un Souverain est un préalable à la pratique de Ses Mitsvoth. D-ieu dit d’ailleurs : « Acceptez d’abord Ma royauté et ainsi vous pourrez adhérer à mes décrets. » Nous en déduisons donc que la Téchouva – dont l’objet est de rectifier les égarements de la pratique des décrets du Roi – ne peut prendre place qu’après que l’homme ait accepté la Royauté de D-ieu. Nous retrouvons là trois expressions du service de D-ieu : La pratique des Mitsvoth exprime notre attachement à la Volonté Révélée de D-ieu. La Téchouva traduit notre rapport avec le projet Divin tel qu’il transcende Sa Volonté. Alors que l’action de couronner D-ieu, le Roi et le fait de se placer sous Sa Domination créent chez l’homme un lien qui dépasse toutes les définitions. Il s’agit d’une union avec Son Essence. Cela vient souligner l’importance du rôle du Juif dans la création : il est capable d’atteindre le degré de l’unification absolue avec Hachem. Il éveille en Lui le désir de régner sur Sa Création dans son ensemble et sur le peuple Juif en particulier. Ces trois aspects sont sous-entendus dans le nom de la fête - Roch Hachana qui signifie tête de l’année et non début de l’année. La tête possède tous ces caractères : Elle est supérieure aux autres parties du corps. La tête est le siège du système nerveux qui anime tout le corps. La tête dirige et contrôle de manière permanente tous les autres organes. Ces trois qualités sont aussi celles de Roch-Hachanna : L’aspect propre à Roch-Hachanna est l’action de couronner D-ieu. Nous créons ainsi un lien avec Son Essence, une union qui dépasse toute autre expérience spirituelle vécue pendant l’année. Ceci correspond à la tête qui est supérieure au reste du corps. La tête produit et supporte la vitalité du corps tout en restant au-dessus de lui. La Téchouva de Roch-Hachanna anime les Mitsvoth de l’année, tout en les transcendant. Enfin, les bonnes décisions et la Mitsva du Choffar affectent les Mitsvoth de l’année entière – exactement comme la tête qui commande et contrôle chaque geste de notre corps. Likouté Si’hoth Vol IV Roch-Hachanna – Le Couronnement Adam Harichon – le premier homme – fut créé à Roch-Hachanna. Dès qu’il prit conscience de son existence, il appela toute la création – le monde animal, végétal et minéral – à couronner D-ieu comme Roi de l’univers. Il déclara : « Venez ! Prosternons-nous, inclinons-nous devant l’E-ternel notre Créateur ! » Il est dit dans les psaumes au sujet de Roch-Hachanna : « L’Eternel règne ! Il est revêtu de Sa Majesté ! » En ce jour, l’autorité de D-ieu fut totale sur le monde. Nous couronnons Hachem, nous aussi, suivant l’exemple d’Adam, en ce jour de Roch-Hachanna. Nous acceptons Son règne et Sa Souveraineté de nouveau chaque année. Le Midrash rapporte, d’ailleurs, que D-ieu nous implore à Roch-Hachanna : « Couronnez-Moi ! » C’est en cela que ce jour est unique en son genre, car nous avons le privilège de couronner Hachem. Nous le couronnons en sonnant le Choffar et en récitant la prière : « Règne sur le monde entier de toute Ta Gloire ! » En fait, chaque Juif à reçu une mission Divine : faire prendre conscience à son entourage de la Souveraineté de D-ieu. Ainsi, même le plus jeune des enfants joue un rôle déterminant pour le couronnement de Roch-Hachanna. C’est pourquoi il est extrêmement important d’apporter les enfants à la synagogue, le jour de Roch-Hachanna. Là, ils écouteront le Choffar et ils participeront aux offices – autant qu’ils en sont capables – et ils répondront « Amen » chaque fois que cela sera nécessaire. Les intentions innocentes et le cœur pur des enfants montent jusqu’au Ciel. Leur voix a le pouvoir de convaincre Hachem d’accepter la requête de Son peuple d’être Son Roi. En outre, la réponse enthousiaste du Amen des enfants a aussi un effet positif sur les adultes. Ainsi, jeunes et moins jeunes proclament unanimement Hachem comme « Roi d’Israël ». En réalité, la prière d’un seul et unique enfant pourrait faire basculer la balance et assurer une bonne année pour le monde. Notre acceptation de la Souveraineté Divine du jour de Roch-Hachanna n’est pas un événement unique ; Nous réaffirmons cette conviction tous les jours de l’année. Dès le réveil, nous disons : « Modé Ani – Nous te sommes reconnaissants D-ieu Roi vivant et E-ternel. » Avant de manger, nous récitons : « Barou’h Ata – Béni sois-Tu E-ternel, Roi de l’univers… » Aussi, avant de faire une Mitsva, nous bénissons Hachem et nous déclarons Son Règne. Chacun de nos actes doit manifester notre lien avec Hachem. Ainsi, nous mériterons la Guéoulah et, à ce moment, la Souveraineté de D-ieu sur sa Création sera manifeste, ainsi qu’il est dit : « L’E-ternel sera le Roi sur la terre entière ! En ce jour, Hachem sera Un et son Nom sera Unique. » Likouté Si’hothLa Haftara du premier jour de Roch-Hachanna raconte l'histoire de ‘Hanna. ‘Hanna, qui était stérile, vint au Sanctuaire pour prier. Ses prières furent exaucées et elle eut un fils, le prophète Chmouel (Samuel). ‘Hanna était tellement concentrée dans sa prière que le Grand-Prêtre Eli la suspecta d’être ivre. ‘Hanna répondit « J’épanche mon âme devant Hachem. » Je ne me limite pas à prononcer les mots de la prière ; mon âme s’unit, en cet instant, avec D-ieu. Roch-Hachanna est appelé « le jour de Jugement » ; nous lançons un appel à D-ieu pour remplir nos besoins spirituels et matériels. Nous prions pour nos enfants, pour la santé, et pour une vie aisée. Roch-Hachanna est aussi le jour du couronnement de D-ieu. Nous acceptons Sa souveraineté. Or, au moment où nous nous annulons face à Lui, nous ne percevons pas le besoin, le manque et le désir personnel. Notre sens du moi est remplacé par la conscience de l’existence absolue de D-ieu. Cela pourrait donc paraître paradoxal, car si Roch-Hachanna est caractérisé par l’annulation du moi, comment est-ce que nous pouvons prier, d’un même élan, pour la réalisation de nos requêtes personnelles ? La prière d’un Juif, le jour de Roch-Hachanna, est une extension du processus de couronnement. Lorsqu’il exprime une demande concernant des besoins matériels, sa vraie intention est – consciemment ou inconsciemment – la volonté de propager la reconnaissance de la Royauté de D-ieu à travers le monde. Dans un sens le plus profond, nous pouvons dire que le corps physique est le moyen et le support nous permettant d’établir, ici-bas, une Résidence pour D-ieu. C’est précisément en priant pour des bienfaits matériels que le Juif demande le soutien de D-ieu pour accomplir sa mission. Ce concept était étranger à Eli. Il réclamait que lorsqu’une personne prie, sa conscience du Divin fasse abstraction de toutes ses requêtes personnelles. Aussi, quand il vit ‘Hanna qui priait pour un fils, il en conclut, par erreur, qu’elle avait oublié la Présence de D-ieu dans le Sanctuaire. « Pas du tout ! » répondit ‘Hanna. « Mon désir d’avoir un fils n’est pas un vœu personnel et égoïste, mais l’expression de la volonté d’être capable d'accomplir la plus grande mission de ma vie. Sans enfant, mon âme ne peut pas servir D-ieu correctement. » En effet, ‘Hanna fit le vœu que si Hachem exauçait sa prière, elle donnerait l’enfant au prêtre pour que sa vie soit réservée pour le service Divin. ‘Hanna ne demandait pas que D-ieu accomplisse une demande personnelle ; elle priait D-ieu pour qu’Il remplisse Ses propres besoins ! Il en est ainsi à Roch-Hachanna. Nos requêtes et nos réclamations sont, certes, personnelles et elles concernent généralement des préoccupations matérielles, elles traduisent, toutefois, dans leur dimension profonde, la volonté de l’âme de s’unir avec D-ieu. Souhaitons que de la même façon que D-ieu répondit à la prière de ‘Hanna, Il le fera aussi pour nos demandes et Il attribuera au monde une bonne et douce année. Likouté Si’hoth Vol XIX |
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