
Livre de Chemoth Parchath Bo |
L’implication Divine Dans La Nature - Sanctifier le Temps |
L’implication Divine Dans La Nature Au début de la Parachath Bo (Exode 10 - 2), D-ieu dit à Moché qu’Il enverra les plaies sur l’Egypte « afin que tu racontes à ton fils, à ton petit-fils ce que j’ai fait aux Égyptiens et les merveilles que j’ai opérées contre eux; vous reconnaîtrez ainsi que je suis l’Eternel. » Pharaon est identifié dans la Torah par son obstination, «je ne connais pas D-ieu» et à son expression vantarde « Mon fleuve est à moi, c’est moi qui me le suis fait », reniant ainsi l’influence d’Hachem dans ce monde et en le remplaçant par la croyance en lui-même et en la puissance de l’homme.
Le but fondamental des plaies était de rejeter cette approche, de manifester la Divinité de manière à ce que tout le monde puisse Le percevoir, et ainsi, briser la fierté de Pharaon et de sa nation. D-ieu persista jusqu’à que « l’Egypte reconnut que Je suis D-ieu» et que la fierté de Pharaon fut écrasée. Il vint à Moché en pleine nuit pour implorer la miséricorde Divine. Il est évident que ceci ne concernait pas Pharaon seulement. Les miracles de l’Exode servent de témoignage pour les générations à venir du contrôle de D-ieu sur l’ordre de la nature. En Egypte, même Pharaon n’avait plus que l’alternative de reconnaître D-ieu. A d’autres époques l’influence de D-ieu peut ne pas être aussi évidente, mais elle n’en est pas moins présente et c’est toujours Lui qui dirige notre monde et sa destinée. La nature, elle-même, n’est rien d’autre qu’une série de miracles répétés. Pourquoi le soleil se lève-t-il et pourquoi l’herbe pousse? Au-delà de l’ordre naturel, il y a la main de D-ieu qui guide nos vies. Rien n’arrive par hasard. Au contraire, par des voies que seul Lui dans Son infinie sagesse comprend, D-ieu guide nos pas et fait des miracles pour nous. Ceci est le message des plaies miraculeuses : Explorer en profondeur jusqu’à prendre conscience de l’implication de D-ieu dans nos vies. La seule différence entre les plaies d’Egypte et le temps présent tient seulement dans le degré par lequel la main de D-ieu est ouvertement dévoilée, mais la présence – et les actes – de cette main restent toujours les mêmes. Adapté de Likouté Si’hoth |
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« Ha’hodech Hazé – ce mois-ci est pour vous le commencement des mois. » (Exode 12 – 2) Dans ce verset est dicté le premier commandement de la Torah : la Mitsva de sanctifier le mois. Cela consiste à fixer le jour de Roch-’Hodech – le début du mois –, les années embolismiques et établir le calendrier des fêtes selon la sanctification déterminée. Le fait que, parmi toutes les Mitsvoth, ce soit celle-ci qui fut choisie par D-ieu pour être la première Mitsva implique qu’elle contient un élément fondamental que nous pouvons retrouver dans chacune des Mitsvoth. Les commandements de la Torah nous permettent d’imprégner le monde physique de bonté et de sainteté. Ainsi, chaque Mitsva transforme l’objet matériel en support de Mitsva, en entité sainte. C’est aussi le thème central de la Mitsva de la fixation du mois : en fixant le jour de Roch-’Hodech, le Tribunal Rabbinique transformait un simple jour ouvert en repère pour toutes les fêtes. De plus, cette Mitsva trouve sa source à l’origine de l’existence : bien que le monde soit issu de la fusion entre l’espace et le temps, cependant, le temps précède l’espace. Car tout élément de la Création est sujet au changement, donc, à une évolution dans le temps. Ainsi, un élément précède tous les autres, car il est lui-même la dynamique du changement – le temps. Ceci est aussi valable dans la dimension de l’expérience humaine. L’homme est confronté, en premier lieu, à l’arrivée d’un nouveau jour dans lequel il tentera de laisser un impact. La sanctification du mois est, pour cela, la première Mitsva puisque la sainteté imprègne d’abord le temps – le point de départ de l’existence ; c’est seulement après que prend place l’action de l’homme sur l’objet – sur l’espace. Un autre aspect fondamental apparaît grâce à cette Mitsva : la raison d’être de la Création est qu’elle soit sanctifiée par les hommes au moyen de la pratique de la Torah et des Mitsvoth. La mission du Juif consiste à révéler le but et le sens des choses. Lorsqu’un juif transforme la peau d’un animal pour en faire un parchemin qui servira pour une Mézouza, des Téfilin ou pour un Séfer Torah, celle-ci rejoint le but de sa création ; la peau devient investie de sainteté. Puisque le temps est aussi un élément créé, il doit donc atteindre son but. C’est dans ce concept que réside l’importance de cette Mitsva : en sanctifiant le mois – Roch-’Hodech et les fêtes – le peuple juif révèle que l’objet du temps est d’être sanctifié. En fait, la sanctification du mois n’affecte pas uniquement les jours de Roch-’Hodech et les jours de fête, c’est toute la dynamique du temps qui se trouve inspirée par l’idée qu’il doit être investi de bonté, de sainteté et de Mitsvoth. Likouté Si’hoth Vol XXV |
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La Paracha de cette semaine – Bo – décrit en détail les rites qui accompagnent le sacrifice de l’agneau de Pessa’h. L’animal devait être choisi selon certains critères ; il devait être examiné pendant quatre jours avant d’être abattu par la Ché’hita. Enfin, il devait être consommé accompagné de Matsoth et d’herbes amères. Maïmonide – dans le Sefer Hamitsvoth – dénombre deux commandements concernant ce rite. 1) Abattre l’agneau le quatorze Nissan. 2) Le manger dans la soirée du quinze. Ces deux commandements paraissent intimement liés l’un à l’autre, il est donc étonnant que le Rambam les considère comme deux Mitsvoth séparées. La sortie d’Egypte représente un événement déterminant dans l’histoire du peuple Juif ; c’est à ce moment qu’il se constitue en tant que nation. Il n’est plus l’esclave de Pharaon ; il devient le serviteur de D-ieu. Le sacrifice de l’agneau de Pessa’h avait pour but de préparer nos ancêtres à l’exode. Chaque détail était important, car il préparait différemment à cet événement fondateur. C’est pourquoi cette Mitsva se sépare en deux commandements distincts : le sacrifice même, et sa consommation. Ces deux étapes étaient requises pour préparer les Juifs à quitter l’Egypte d’une part et pour qu’ils deviennent les serviteurs de D-ieu, d’autre part. Dans l’Egypte antique, l’agneau était considéré comme un dieu. En l’offrant en sacrifice, le peuple Juif se débarrassa par un seul geste de sa soumission aux Égyptiens. Il fallait aux Juifs une grande Messirouth-Nefech – sacrifice personnel – pour agir ainsi. Ils sacrifièrent l’agneau publiquement face à leurs voisins – et jusque-là, tortionnaires – horrifiés. Cet acte leur était indispensable pour qu’ils cessent d’être soumis à l’Egypte, et pour qu’ils puissent devenir ainsi les serviteurs de D-ieu. La deuxième Mitsva consiste à manger l’agneau. Cet animal abattu avec Messirouth-Nefech devient, après sa consommation, une partie même de la chair du Juif. La matière du sacrifice est digérée et s’unit avec le corps matériel. Le sacrifice de sa personne est une partie fondamentale du service de D-ieu. Ce sentiment doit transcender la personne, mais il doit aussi pénétrer son être et l’emplir entièrement jusqu’à déborder dans les dimensions les plus matérielles de son existence. Ainsi, la Messirouth-Nefech devient réellement une partie de l’Etre Juif, le préparant à la sortie d’Egypte et lui permettant de devenir le serviteur de D-ieu. Likouté Si’hoth Vol XV |
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« Moché tendit sa main vers les cieux ; il y eut une profonde obscurité dans tout le pays d’Egypte durant trois jours. Personne ne voyait l’autre ; personne ne quitta sa place pendant trois jours. Pourtant, pour les Béné-Israël, il avait de la lumière dans leurs demeures. » (Exode 10 – 22,23) Le Midrash nous enseigne que cette plaie comportait deux miracles : a) les ténèbres qui frappèrent l’Egypte ; b) Une illumination miraculeuse qui permit à nos ancêtres de voir où les Égyptiens cachaient leurs trésors. C’est ainsi que D-ieu permit la réalisation de Sa promesse à Avraham (Genèse 15 – 14) : « Ils en sortiront avec de grandes richesses. » Néanmoins, selon Rachi, ce phénomène ne constituait pas deux miracles, mais un seul. Les Égyptiens étaient dans le noir absolu alors qu’Israël continuait de voir normalement en dépit de cette plaie. Pourquoi Rachi interprète-t-il cet événement différemment que le Midrash ? Le but du passage de nos ancêtres en Egypte était d’amasser les étincelles Divines qui s’y trouvaient. Aussi, leur départ avec les richesses égyptiennes faisait partie de ce processus. En prenant l’or, l’argent et la vaisselle de leurs anciens oppresseurs, ils élevèrent les étincelles Divines qui habitaient ces objets et ils les libérèrent, pour ainsi dire, du mal de l’Egypte pour les laisser rejoindre le domaine de la Sainteté. « Elever les étincelles » représente un élément essentiel du service de D-ieu. Aussi, chaque Juif doit en plus de ses engagements purement spirituels, tels que la prière et l’étude de la Torah, s’investir dans des activités matérielles et observer les Mitsvoth. Par la prière et l’étude, l’homme raffine son aspect spirituel. Mais lorsqu’il observe les Mitsvoth et qu’il s’engage dans des activités professionnelles et sociales dans le but de remplir la volonté de D-ieu, il attire alors la Divinité dans les dimensions physiques et il élève les étincelles Divines qui habitent le monde. C’est bien ce qui se produisit au moment de la plaie des ténèbres : les Juifs avaient de la lumière dans leurs demeures, et cette lumière les accompagna lorsqu’il espionnèrent les maisons obscures des Égyptiens. La Torah et la prière apportent la lumière et sanctifient l’âme de chacun de nous ; nos demeures s’en trouvent alors naturellement illuminées. Par contre, seule l’intrusion dans le domaine égyptien – les activités matérielles – nous permet de purifier ce monde et d’élever les étincelles. Le commentaire de Rachi a pour objet de faire une lecture simple des événements ; c’est pourquoi il interprète la plaie des ténèbres comme un seul geste de D-ieu : celui de permettre à Israël de voir chez l’Égyptien. Rachi ne fait pas référence à la lumière qui se trouve naturellement chez le Juif, dans son domaine, parce qu’en première lecture ces deux types de services – l’étude et les Mitsvoth – représentent des tendances opposées. Pour le Midrash – la dimension ésotérique – il y a là un miracle en deux temps : l’obscurité égyptienne et la lumière chez Israël. Au regard de l’intention Divine de la Création, les deux tendances du service de D-ieu citées plus haut – s’investir dans l’élévation de soi et s’engager vers l’extérieur – sont indissociables. En effet, il est expliqué dans le Tanya que la véritable mission de l’homme sur terre consiste à élever le matériel. L’âme n’est pas descendue pour sa propre élévation ; elle n’en a pas besoin puisque c’est une parcelle de D-ieu. D-ieu envoya l’âme ici-bas pour qu’elle agisse sur le corps, qu’elle le raffine et révèle en lui – et dans le monde qui l’entoure – les étincelles Divines qui l’habitent. Likouté Si’hoth Vol XXXI |
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« Sept jours durant, vous mangerez des Matsoth. » (Exode 12 – 15) Dans la Paracha de cette semaine, Hachem transmet à Moché les indications pour la célébration de Pessa’h. Or, les commandements qui ont trait à la sortie d’Egypte sont porteurs, selon nos sages, d’un perpétuel enseignement. Commençons par analyser la différence entre le ‘Hamets – le pain levé – et la Matsa. Ils sont, tous les deux, fabriqués à partir de farine et d’eau. Quel est, donc, l’élément qui rend impropre, à la consommation, le ‘Hamets pendant les jours de Pessa’h ? Le ‘Hamets est en fait une pâte que l’on a laissé lever et qui a pris du volume, alors que la Matsa est restée fine et plate. Le ‘Hamets symbolise, en fait, l’orgueil et la vanité. Cette pâte traduit l’arrogance et l’égocentrisme. Elle représente la personne qui se sent supérieure à ceux qui l’entourent. Tandis que la Matsa symbolise l’humilité et la modestie ; c’est aussi l’abnégation. Cette fine pâte représente la personne qui s’annule devant les autres ; c’est exactement l’opposé du ‘Hamets. Pourtant, les lettres hébraïques qui forment ces deux mots sont pratiquement identiques : ‘Heth, Mêm et Tsadik forment le mot ‘Hamets, alors que le Mêm, Tsadik et Hé constituent le mot Matsa. Ils ne se distinguent que par une seule lettre qui est, de plus, très ressemblante. En effet, le ‘Heth et le Hé sont quasiment analogues : Elles sont formées par trois traits et elles ont une ouverture vers le bas. Cette ouverture fait allusion au verset : « Le péché est tapi à ta porte. » C’est la faille qui laisse entrer le péché dans notre existence et qui nous pousse à la transgression. C’est ici que la différence entre le Hé et le ‘Heth prend toute sa signification. Le ‘Heth de ‘Hamets est complètement fermé vers le haut. Ainsi, il n’y a aucun recours face à la faute, aucune issue. La personne se trouve alors prisonnière de la transgression. Le Hé de Matsa, quant à lui, a une petite ouverture en haut. C’est par là que la personne pourra échapper au mal et retourner vers Hachem. Il est vrai que cela n’est qu’une petite ouverture, mais il ne suffit précisément que d’un petit effort vers le haut pour que Hachem accepte notre Téchouva. Le ‘Hamets symbolise une personne qui est prisonnière de son orgueil et de son égocentrisme. Lorsqu’elle vient à fauter, il lui est alors très difficile d’admettre son erreur. Elle trouve toujours des excuses pour justifier ses actes. Cette personne est enfermée dans le ‘Heth et ne trouvera donc aucune issue. La Matsa, d’autre part, fait allusion à un individu modeste et humble. Lorsqu’il fait un péché, il ne tente pas de se justifier ; au contraire, il regrette immédiatement son acte. Son cœur se brise et il retourne alors vers Hachem. Il corrige ses erreurs et il revient vers Lui de tout son cœur. Likouté Si’hoth Vol I Minuit – L’Heure de la Révélation La dixième et dernière plaie que D-ieu envoya aux Égyptiens fut Makath Bé’horoth – la mort de premiers-nés. Moché annonça avec précision qu’elle aurait lieu à Minuit. La Torah nous raconte que les juifs devaient, pour se protéger, badigeonner leurs entrées du sang provenant de l’agneau de Pessa’h et de la circoncision. Pourquoi, Moché indiqua, ici, le moment où la plaie prendrait place ? De plus, toutes les plaies ne touchèrent pas le peuple Juif sans qu’il ne fasse quoi que ce soit pour se protéger. Pourquoi devait-il faire un signe pour être sauvé de cette dernière plaie ? Toutes les plaies avaient pour but d’apprendre aux Égyptiens la puissance de D-ieu qu’ils rejetaient. C’est en cela que la dernière plaie était différente : son but était de punir les Égyptiens pour le mal qu’ils avaient fait. Or, dans ce cas, l’Attribut de Justice Divine pouvait déclarer : « En quoi les Juifs sont-ils différents des Égyptiens ? Ne sont-ils pas autant imprégnés d’idolâtrie ! » Pour rejeter toute tentative de plainte de la part – de Midath Hadin – des Attributs de Justice, D-ieu envoya cette ultime plaie à minuit, symbole d’une conduite qui dépasse toute logique et tout calcul rationnel. La première partie de la nuit symbolise la rigueur : l’obscurité augmente à chaque instant. La seconde partie de la nuit représente la bonté : la lumière revient petit à petit et les ténèbres disparaissent. L’instant précis de minuit relie les deux opposés de la rigueur et de la bonté. Cette manifestation n’est possible que par la révélation d’une lumière qui transcende les deux extrêmes. En d’autres termes, à ce moment de la nuit, se révéla l’amour essentiel que D-ieu porte pour Son peuple – un amour qui transcende toute logique et qui dépasse la raison. Du fait de cet amour, l’argument de l’Attribut de Justice – « En quoi les Juifs sont-ils différents des Égyptiens ? » – n’est pas pris en compte, car D-ieu répond qu’Israël est Son enfant. Or, l’amour qu’un père porte à son fils ne sera jamais affecté par telle ou telle autre raison logique. La question qui se pose, alors, est : si D-ieu exprime un tel degré irrationnel d’amour, pourquoi nos ancêtres devaient-il marquer leurs entrées ? ! Toute révélation Divine dépend de la conduite des hommes ici-bas ; l’action de D-ieu est à la mesure de l’effort de l’homme. Il en est ainsi pour que se manifeste ce degré d’amour infini de D-ieu, l’homme doit, pour sa part, révéler en lui un caractère réciproque. Le signe utilisé par nos ancêtres était le sang du sacrifice de Pessa’h et celui de la Mila. Ces deux actes traduisent justement cet aspect du lien avec D-ieu qui dépasse la raison : la circoncision est pratiquée sur un enfant qui n’a aucun moyen logique de saisir le sens de l’alliance qui est ici scellée. L’offrande d’un agneau en Egypte était un acte de Messirout Nefech – un sacrifice personnel – qui dépassait toute logique, puisque cela constituait un affront aux tortionnaires Égyptiens qui l’adoraient. Cette conduite du peuple Juif éveilla chez Hachem le même type de rapport irrationnel : la manifestation de Son amour infini pour le peuple Juif. C’est pourquoi nos sages affirment que « nos ancêtres quittèrent l’Egypte par le mérite de la foi. » En effet, la foi relève précisément d’une démarche irrationnelle. Likouté Si’hoth Vol III |