Livre de Béréchith

Parchath Hayé Sarah

Refuser la Facilité -Vieillir Avec Ses Jours- Eliézer – Fidèle Serviteur
Machia’h – Israël : Pour L’Eternité

Refuser la Facilité

La Paracha de cette semaine – ‘Hayé Sarah – nous relate l’histoire de la disparition de Sarah et les événements qui suivirent : le deuil d’Avraham et la manière par laquelle il fit l’acquisition de Maarath HaMa’hpéla, le Caveau de ‘Hevron. Les fils de ‘Heth souhaitaient lui offrir le terrain. « Tu es un prince puissant parmi nous ! » lui dirent-ils. « Dans le meilleur de nos tombeaux , enterre ton mort. » Pourtant, Avraham refusa leur offre et il insista pour payer le terrain au « prix fort ».

Avraham s’obstina pour payer la juste valeur de la terre afin de la libérer entièrement de Efron, son ancien propriétaire. Si Avraham avait accepté le cadeau, Efron aurait gardé le moyen d’en revendiquer, un jour, la propriété. En payant, le « prix fort » pour Maarath HaMa’hpéla, Avraham retira tous les liens qui reliaient le terrain à son propriétaire précédent.

Des siècles plus tard, le Roi David procédera de la même manière après avoir conquis la ville de Yérouchalayim. La ville était déjà entièrement sous son contrôle, personne ne pouvait plus la lui réclamer. Pourtant, David n’accepta pas la proposition de Aravna qui voulait lui offrir la ville ; comme Avraham, David insista pour payer le « prix fort » afin que sa possession soit absolue et jamais remise en question.

Ceci comporte un enseignement : Notre service de D-ieu consiste à raffiner et à élever notre entourage par l’étude de la Torah et la pratique des Mitsvoth. En marquant notre environnement de nos actes, nous devenons les véritables « propriétaires » de la parcelle du monde qui nous a été attribuée. A l’instar d’Avraham, qui paya le « prix fort» à Efron pour la Maarath HaMa’hpéla, nous devons payer le prix fort – produire de réels efforts – dans le service de D-ieu.

Il se pourrait qu’un homme soit doté de talents exceptionnels dès sa naissance, et que le service de D-ieu soit pour lui une chose évidente. Il se peut même que son Yétser Hara soit faible, et que, par conséquent, il ne soit jamais amené à combattre des pulsions négatives. L’homme pourrait alors se satisfaire de ce cadeau du Ciel. L’épisode de notre Paracha nous montre que nous devons suivre l’exemple d’Avraham et de David qui rejetèrent la voie de la facilité ; ils refusèrent les cadeaux et insistèrent pour payer le « prix fort».

Nous avons le devoir d’investir de véritables efforts dans la pratique de la Torah et des Mitsvoth. Ce n’est que par un véritable engagement que ces gestes deviennent nôtres, que nos actes prennent un sens et laissent un impact indélébile.

Likouté Si’hoth Vol X

Vieillir Avec Ses Jours

Dans la Paracha de cette semaine, ‘Hayé-Sarah, la Torah raconte les événements qui suivirent la disparition de Sarah, l’achat par Avraham de la grotte de la Ma’hpélah pour caveau familial, ainsi que la mission qu’Avraham donna à Eliézer, son fidèle serviteur, de trouver une femme pour son fils Yits’hak. Tous ces événements prirent place alors qu’Avraham avait atteint un âge avancé. D’ailleurs, la Torah affirme : « Avraham était Zaken – vieux, il atteignait des jours avancés – Ba Bayamim. »

Le Midrash commente ce passage de cette façon : « Certaines personnes ont atteint la vieillesse sans avoir atteint les jours ; d’autres ont atteint les jours sans qu’elles ne soient devenues vieilles. Avraham posséda ces deux qualités. »

Que représentent ces deux qualités ? En quoi consiste la grandeur de notre Patriarche Avraham ?

Le Talmud  définit le « Zaken »comme celui qui a acquit la sagesse. En étudiant la Torah, il parvint à avoir l’estime de D-ieu. Le Zaken accède à un niveau élevé du perfectionnement de son âme.

Le Terme de « Ba Bayamim - accompagné de ses jours » se réfère à l’homme, pour qui chaque jour est entier et parfait. Il ne se limite pas à accomplir les Mitsvoth correctement, mais il réussit à marquer chacun de ses jours, son temps, par ses actes. Par ses actes, le temps lui-même se trouve élevé et sanctifié. Il illumine son environnement par les Mitsvoth qu’il observe et c’est ainsi qu’il élève son entourage vers la perfection.

Les deux termes, « vieux » et « accompagné de ses jours », représentent donc deux types de personnages, deux modèles de Tsadikim.

Certains justes ne s’intéressent qu’à eux-mêmes et ne s’inquiètent uniquement d’atteindre la perfection. Ils s’investissent complètement dans l’étude de la Torah jusqu’à ce qu’ils atteignent le niveau de Zaken. Les personnes qui les entourent sont ignorées car leur temps et leurs efforts sont consacrés totalement à leur élévation personnelle.

D’autres Tsadikim sont tournés vers l’extérieur pour faire rayonner la lumière dans leur entourage. Ils se dévouent pour toutes les personnes avec lesquelles ils sont en contact. Ces justes oublient leur propre état, et c’est par altruisme qu’ils ignorent leurs préoccupations personnelles.

Avraham sut concrétiser dans son existence ces deux qualités. « Avraham était Zaken – vieux, il avait atteint des jours avancés – Ba Bayamim. »Tout en gérant son élévation personnelle jusqu’à atteindre les plus hauts niveaux de la perfection, il fut capable d’apporter le changement dans son temps. C’est tout son entourage qui en fut marqué, car Avraham emplit le monde de sainteté.

Likouté Si’hoth Vol III

Eliézer – Fidèle Serviteur

La Paracha de cette semaine relate en détail les circonstances qui menèrent au mariage de Yits’hak et de Rivka.

Nous apprenons qu’Avraham demanda à son serviteur Eliezer de voyager pour chercher une femme pour son fils Yits’hak. Eliezer fut alors inquiet. Que se passerait-il si la fiancée refusait de le suivre ? Avraham rassura Eliezer et il lui dit que tout irait pour le mieux : « Hachem… enverra Son ange devant toi, et tu trouveras là-bas une épouse pour mon fils. »

C’est par ces mots qu’Avraham promit à Eliezer que sa mission serait couronnée de succès. Un ange le précéderait pour s’assurer que tout se passe bien. Eliezer n’avait, donc, plus rien à craindre car tous les détails de sa mission seraient gérés par l’Au-delà, l’issue des évènements n’était, par conséquent, plus entre ses mains.  

Nous remarquons, cependant, que lorsque Eliezer atteint Aram Naharayim, il fit connaître à Bétouel – le père de Rivka – l’objet de sa visite et il lui rapporta – en ces termes – les mots de son maître Avraham : « Hachem… enverra Son ange avec toi, et tu trouveras là-bas une épouse pour mon fils. »

Pourquoi Eliezer dit-il à Bétouel qu’Avraham lui avait assuré que l’ange irait « avec » lui, alors que son maître lui avait dit que l’ange irait « devant » lui ?

En allant au devant d’Eliezer, l’ange fit tout le travail. Avraham promit à Eliezer que ses pas seraient dirigés par l’Au-delà et c’est, en effet, ce qui se produisit :

Eliezer put jouir d’un voyage miraculeux puisqu’il arriva à Aram le même jour que celui de son départ de Béer-Chéva. Lorsqu’il atteint le puits et qu’il commença sa prière, à peine eut-il prononcé les premiers mots que Rivka apparut. Eliezer comprit alors que sa mission était accomplie et il réalisa que l’ange avait combiné toutes ces heureuses coïncidences.

Cependant, si Eliezer n’était qu’un pion, un spectateur passif dans cette affaire, sa requête auprès de Bétouel n’avait plus aucun sens. Si le mariage de Yits’hak et de Rivka était déjà programmé par l’Au-delà, pourquoi la permission de Bétouel était-elle nécessaire ?

C’est pourquoi Eliezer prit l’initiative de changer les mots de son maître et il dit à Bétouel que l’ange ne faisait que l’accompagner pour l’aider à mener à bien sa mission. Eliezer jouait, de cette manière, un rôle actif ; l’accord de Bétouel était justifié.

Par contre, Eliezer était conscient – et nous devons avoir le même sentiment dans notre service de D-ieu – que c’est en s’engageant sans condition dans la mission du Maître que le succès serait garanti.

Likouté Si’hoth Vol XXV

Machia’h – Israël : Pour L’Eternité

« Avraham donna tout ce qu’il possédait à Yits’hak. Quant aux fils des concubines qu’avait eues Avraham, il leur fit des présents ; et tandis qu’il vivait encore, il les relégua loin de son fils Yits’hak, vers l’orient, dans le pays de Kédem. »

(Genèse 25 – 5,6)

A la fin de notre Paracha, Avraham sent venir sa fin, il organise alors sa succession. Il désigne Yits’hak, son fils unique de Sarah, comme seul légataire légitime ; tandis qu’aux enfants des concubines, il attribue des cadeaux.

La Haftara de cette semaine traite d’un thème similaire : Adoniyahou, le fils aîné de David, sentant la fin de son père venir, tente d’usurper le trône. Bath-Chéva vient alors rappeler au Roi David l’engagement qu’il avait pris. C’est Chlomo, son jeune fils, qui régnerait. David s’engagea de nouveau à honorer sa promesse, ce à quoi Bath-Chéva répondit avec enthousiasme (Rois I 1 – 31) : « Yé’hi Adoni Haméle’h David Léolam – Puisse mon maître David vivre pour l’éternité. »

Quel est donc le sens profond de la démarche d’Avraham et de David ?

En désignant Yits’hak pour héritier, Avraham lui légua, en fait, le lien privilégié qu’il avait avec Hachem, le caractère « d’élection » qu’il léguera à son tour à ses descendants. Ainsi, Avraham donna à chacun de nous, à chaque Juif, le pouvoir de recréer le lien éternel dont il jouissait lui-même. Ce privilège est immuable pour celui qui se donne la peine de révéler ce caractère inné.

La déclaration de Bath-Chéva constitue, dans le même esprit, l’expression de la promesse Divine selon laquelle « la royauté ne quittera plus la descendance de David. » En effet, comme le soulignent nos sages, la monarchie du peuple Juif n’appartient qu’à David et à sa progéniture issue de Chlomo et de laquelle sortira le Roi Machia’h.

Ces deux événements viennent rappeler que les actes de D-ieu – qui par définition est immuable et éternel – et Ses promesses ne sont pas sujets au changement. La proclamation de Bath-Chéva : « Yé’hi Adoni Haméle’h David Léolam – Puisse mon maître David vivre pour l’éternité. » trouvera son expression et sa réalisation par l’établissement du règne de Machia’h et par l’ultime Guéoulah.

En effet, nous constatons que l’intégrité du peuple Juif et de la terre d’Israël sont étroitement liés avec le concept de la royauté, car ce n’est qu’après que fut installé le royaume des descendants de David qu’enfin fut établie la paix et qu’a pu être construit le Beth-Hamikdach. La Présence de D-ieu et Sa manifestation à Yérouchalayim dépendaient aussi de cet événement. Il en est de même pour la Guéoulah qui ne prendra place qu’après l’établissement du dernier roi de la lignée de David, le Machia’h. Il sera à l’origine du rassemblement de la totalité du peuple Juif sur sa terre, de la construction du troisième Beth-Hamikdach et la paix régnera pour l’éternité.

Si’hoth Kodesh