
Livre de Béréchith Parchath Vayichlah |
Rapprocher Essav - Prêts Pour La Guéoulah - Yaakov et Israël : deux Niveaux de Juif |
La Paracha de Vayichla’h commence en relatant comment Yaakov envoya des messagers chez son frère Essav. Selon nos maîtres, l’intention profonde de cette mission était, en fait, une tentative de rapprochement avec Essav dans le but de le sensibiliser et de l'élever en révélant le bien qui était caché au fond de son être. Une mission incombe à chacun de nous, car chaque Juif doit se considérer comme le messager de D-ieu, chargé d’établir pour Lui une Résidence ici-bas, dans les dimensions inférieures – le monde matériel. D-ieu nous donna les moyens et les outils pour transformer le monde physique ; Il nous révéla la Torah et nous transmit les Mitsvoth. C’est en étudiant la Torah et en pratiquant les Mitsvoth que le Juif œuvre pour le but de la création. Néanmoins, pour mener à bien sa mission – faire de ce bas monde une Résidence pour D-ieu – l’homme doit exprimer deux éléments opposés de son être : Il doit, d’abord, être habité d’un profond sentiment d’humilité ; il doit être conscient qu’il n’est qu’un émissaire de D-ieu ; il agira alors en conséquence et ne s’écartera jamais de la volonté Divine même dans le cas où – par son analyse personnelle – il estime qu’il faut faire des concessions. Or, un émissaire qui agit dans un esprit contraire à la volonté de celui qui l’envoie, cesse d’être un émissaire. D’autre part, l’homme doit utiliser son intellect pour réussir à propager la lumière du Judaïsme et influencer autrui. C’est à lui de trouver les moyens les plus efficaces pour mener à bien sa mission ; or, cela est tout l’opposé de l’humilité. La capacité d’être maître de tous ses moyens est une condition préalable pour celui qui jouera le rôle d’émissaire. Nos sages indiquent, d’ailleurs, dans le Talmud que l’émissaire doit être un individu moralement et intellectuellement compétent. Ces deux qualités sont essentielles ; c’est pourquoi nous les retrouvons dans les termes même de la mission : « Eriger une Résidence pour D-ieu dans les dimensions inférieures. » Le terme de « Résidence » sous-entend que la présence de D-ieu dans ce monde devrait être analogue à celle d’une personne dans sa propre maison. Lorsqu’une personne se trouve à l’extérieur, elle est limitée et ne peut pas véritablement être elle-même ; tandis que chez elle, toutes les contraintes s’estompent et elle se dévoile tel qu’elle est vraiment. L’idée exprimée par « les dimensions inférieures » suppose que la révélation est si intense qu’elle pénètre jusqu’aux dimensions les plus basses de la création. Notre mission comporte deux aspects : d’une part, tous les Juifs sont investis de la même mission ; d’autre part, chacun a une tâche différente à remplir. Pour la préparation de la Résidence, nous sommes tous égaux, car nous possédons chacun une âme ; nous sommes donc les messagers de D-ieu. Aussi, chaque bonne action sert à la révélation de la Présence Divine et ajoute une pierre à l’édifice. Cependant pour infiltrer les différentes couches des « dimensions inférieures » par les plus hauts niveaux de Sainteté, il est nécessaire de mener des actions appropriées aux différents domaines de ce monde. Dans ce cadre, chaque Juif a une mission qui lui est propre ; il doit raffiner et élever sa part du monde, son entourage. A la lumière de ce qui vient d’être exposé, nous comprendrons pourquoi il est indispensable d’être habité des deux sentiments – l’humilité et l’indépendance – pour faire une Résidence pour D-ieu. L’homme doit, afin d’être un émissaire, se consacrer à sa mission et s’annuler devant D-ieu. Car D-ieu réside parmi ceux qui sont humbles. Néanmoins, l’homme devra simultanément, être proche des divers aspects de l’existence pour apporter la lumière jusque dans les dimensions inférieures, et cela demande une certaine clairvoyance. Likouté Si’hoth Vol XXV |
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« Vayichla’h Yaakov Mala’him – Yaakov envoya des messagers, en avant, vers Essav son frère, au pays de Séïr, dans la campagne de Edom. » (Genèse 32 – 4) C’est par ces mots que s’ouvre la Paracha de cette semaine. Or, le terme de « Mala’him » employé ici pour dire « messagers » est généralement utilisé lorsque l’on parle des “anges”. Rachi nous indique, d’ailleurs, que ce sont effectivement des anges qui furent envoyés par Yaakov. Pour mieux saisir la raison qui poussa Yaakov à envoyer des anges et non des messagers humains, nous devons analyser le sens de cette mission. L’interprétation ‘Hassidique de l’histoire de Yaakov nous permettra de répondre à ce problème. Yaakov sentait que la mission d’un Juif sur terre était de séparer le bien du mal et de « rassembler les étincelles divines » éparpillées dans la matière. C’est pourquoi Yaakov entreprit son voyage à ‘Haran, ainsi il pouvait élever, jusqu’à leur source, les étincelles divines qui s’y trouvaient. Mais Yaakov était aussi conscient que pour atteindre le but de la création, ses seuls efforts seraient insuffisants ; la participation de son frère Essav était indispensable. Essav – « l’homme des champs » - représente les plus hautes lumières spirituelles qui tombèrent dans les dimensions les plus basses. Ainsi, la Guéoulah ne pourra prendre place qu’après que la création dans son intégralité – Juifs et gentils – aura atteint le niveau de la perfection. Après les vingt années de travail chez Lavan à ‘Haran, Yaakov était prêt – pour sa part – à la Guéoulah. Il espérait que, pendant cette période, Essav s’était suffisamment raffiné et qu’il était prêt lui aussi pour la révélation. C’est la raison pour laquelle, Yaakov fait référence dans son message – selon le Midrash – à un âne, symbole de la venue de Machia’h. Seuls les meilleurs des émissaires pouvaient remplir une telle mission, la plus importante de toutes – l’aboutissement de la création. C’était, pour eux, un privilège que d’être associés aux hommes pour faire venir la Guéoulah. Malheureusement, Essav n’était pas prêt ; il n’avait pas encore rempli sa mission. « Nous sommes venus chez ton frère, » rapportèrent les anges à Yaakov, «chez Essav». Ils constatèrent qu’après vingt ans, Essav était resté le même homme primitif. En écoutant cela, Yaakov réalisa que la route vers la Guéoulah était encore longue et difficile. Il dit alors à son frère : « Je ferai mon chemin lentement. » Tout ceci s’est passé il y a bien longtemps ; mais, aujourd’hui, après des milliers d’années de service de D-ieu, le monde entier est prêt pour la Guéoulah. Il ne manque plus que la révélation physique du Machia’h. Œuvrons pour que cela se réalise immédiatement. Chabbath Vayichla’ h 5752 |
Yaakov et Israël – Deux Niveaux du Juif « Yaakov ne sera plus désormais ton nom, mais Israël… » (Genèse 32 – 29) Le Talmud affirme que celui qui appelle Avraham par le nom Avram transgresse le commandement : « Tu ne seras plus appelé Avram… » Le Talmud se demande alors : Si c’est ainsi, comment se fait-il que l’on puisse appeler Yaakov par ce prénom même après qu’il fut nommé par l’ange et par D-ieu ? Nos maîtres répondent que les deux cas sont bien différents : En effet, nous constatons que la Torah elle-même n’utilise plus le prénom Avram pour désigner le premier Patriarche. Tandis que pour Yaakov, le verset utilise tantôt Israël, tantôt Yaakov. Néanmoins nous devons, justement, comprendre pourquoi la Torah continue à appeler le troisième Patriarche du nom de Yaakov même après qu’il fut nommé Israël ? La ‘Hassidouth explique que les deux prénoms Yaakov et Israël représentent, chacun, un niveau différent du service de D-ieu. Aussi, il existe des moments où l’individu doit se conduire dans l’esprit de Yaakov, et d’autres où il doit embrasser les caractères d’Israël. Le nom de Yaakov fait écho à la bénédiction que son père lui donna dans le Eikev – le subterfuge. C’est celui qui doit ruser pour surmonter les embûches posées par Essav. Israël fait référence à un état plus noble de la réception des bénédictions. Les étapes de la vie de nos Patriarches sont – selon nos sages – des indications pour la vie de leurs descendants. Nous devons donc retrouver dans notre parcours personnel, les deux étapes – niveaux – de Yaakov et d’Israël. Nous observons que Yaakov devait – avec l’aide de sa mère – pour recevoir les bénédictions, se dégrader spirituellement, se sacrifier en se déguisant en Essav et en empruntant les vêtements du méchant Nimrod. Ces bénédictions concernaient l’avenir matériel des enfants de Yits’hak, et c’est dans le but d’élever les étincelles Divines qui habitent le monde que Yaakov entreprit une telle démarche. Voici donc la leçon que nous pouvons tirer de l’expérience de Yaakov : l’approche que le Juif doit avoir envers le manger, le boire et toutes les autres activités physiques n’est pas dégradante. Elle peut paraître rusée puisque pour mener sa vie matérielle, le Juif se vêt des habits de Essav ; pourtant, c’est avec une intention profonde qu’il s’investit dans le monde afin d’élever les étincelles et de donner un sens aux choses. Le niveau de Israël est tout à fait différent : le rapport avec la matérialité n’est plus ambigu. Les bénédictions sont directes et manifestement méritées. A ce niveau, le Juif ne cache pas ses intentions de sanctifier le monde et il procède pour cela à visage découvert. C’est le cas de l’atmosphère qui règne durant les repas de Chabbath. A cette occasion, le repas lui-même est une Mitsva. Les repas et la matérialité de la semaine sont entrepris dans un but d’élévation de ceux-ci ; alors que le Chabbath, la sainteté habite tellement ce jour que chaque activité – spirituelle ou physique – transpire toute la sainteté symbolisée par le nom d’Israël. Likouté Si’hoth III |
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La Paracha de cette semaine, Vayichla’h, relate le récit de la justice faite par les fils de Yaakov sur les habitants de Che’hem. La Torah nous raconte aussi qu’ils ont rapporté un butin important de ce combat. Des idoles faisaient partie de ce trésor ; aussi, Yaakov demanda-t-il à ses enfants de s’en débarrasser rapidement. « Débarrassez-vous des objets idolâtres que vous possédez. Purifiez-vous » leur ordonna-t-il. Ce verset est cité par Maimonide comme source au décret de nos sages qui implique que l’idolâtrie rend impur l’individu qui la pratique. À première vue, l’idée même d'adoration d’une idole défie toute logique. En fait, comment une chose qui nie l'Unité absolue de D-ieu et l’autorité qu’Il a sur Sa Création peut exister ? Cette même question fut posée aux soixante-dix sages par le Roi Ptolémée et ils répondirent que D-ieu n’a point besoin de détruire le monde « à cause des idiots » qui adorent le soleil et les planètes. Toutefois, pourquoi D-ieu a-t-Il créé un monde qui laisse la place à l’idolâtrie ? Pourquoi n'a-t-Il pas créé un univers dans lequel il aurait été évident que Lui et Lui seul en est le Maître absolu ? La réponse se trouve dans le verset précédemment cité, « Débarrassez-vous des objets idolâtres que vous possédez. Purifiez-vous. » La seule et unique raison pour laquelle D-ieu permet l’existence de l’idolâtrie, c’est parce qu’Il désire que les Juifs la réfutent. En d'autres termes, D-ieu veut que le peuple Juif démontre au monde entier que l'idolâtrie n'a aucun sens. L’interdiction d’idolâtrie est par nature différente de toutes les autres interdictions de la Torah, car l'idolâtrie n’a pas de réelle existence. Il est défendu de manger de la nourriture non-cacher ou du ‘Hametz à Pessa’h ; la nourriture non-cacher et le ‘Hametz existent bien de façon objective, cependant, la Torah nous défend de les manger ou d’en tirer profit. L'idolâtrie, par contre, n’est qu’une illusion. Il est impossible que qui que ce soit – à part D-ieu – ait un quelconque pouvoir sur l’existence. La personne qui sert des idoles se soumet à une illusion ; son mode de pensée est erroné. Néanmoins, D-ieu ne veut pas que ceci soit imposé par l'Au-delà. Il veut que l'homme le découvre par lui-même, et prouve que l’idolâtrie n'a aucune vraie existence. D’un point de vue plus profond, nous pouvons dire qu’il n’y a pas seulement l'idolâtrie qui ne constitue pas une existence indépendante, mais, en fait, rien ne pourrait exister indépendamment de D-ieu. Vu sous cet angle, toute la Création fait partie de Son unité, car le concept « d’altérité » n'existe pas réellement face à Lui. Le rôle du peuple Juif est de révéler cette idée dans ce monde, et cela grâce à l'étude de la Torah et à la pratique des Mitsvoth. Cette prise de conscience devrait nous servir d’encouragement dans notre service de D-ieu. Il arrive qu’une personne rencontre des difficultés et des obstacles qui imposent, quelquefois, un effort surhumain pour les vaincre. Pourtant, la Torah nous indique qu’ils ne représentent qu’une illusion. D-ieu est la seule vraie existence dans ce monde. Notre mission consiste seulement à nous « débarrasser des dieux étrangers » qui sont en nous, après quoi, la réalité Divine se révélera de facto. Likouté Si’hoth Vol XXX |
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