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Nous venons de quitter Pourim, la fête de joie et d’allégresse, et nous nous préparons déjà à célébrer la fête de Pessa’h. Tant sur le plan spirituel que sur le plan matériel, Pessa’h est la fête qui nécessite, certainement, le plus de préparatifs.

Dès le lendemain de Pourim, nous nous mettons au travail. C’est le grand ménage. Certains vont même jusqu’à refaire la peinture chez eux. A Pessa’h, pas une miette de ‘Hametz – produit dérivé des cinq céréales fermentées – restera chez nous. Le soir du Seder notre maison brillera et sentira le neuf.

Puis, viennent les achats des produits Cacher LePessa’h, l’attente et les queues interminables dans les magasins spécialisés pour avoir le nécessaire pendant cette semaine.

Pessa’h, c’est une semaine où notre vie change, notre alimentation, nos offices et notre emploi du temps tout entier se trouvent transformés. C’est pourquoi, nos sages recommandent d’étudier ou de réviser, à partir des trente jours qui précèdent la fête, les coutumes et les lois relatives à Pessa’h afin de célébrer la fête de la meilleure manière.

La Hagaddah de Pessa’h sera lue et commentée les deux premiers soirs de la Fête. Ainsi, pour être prêts, nous étudions, dans la  période qui précède Pessa’h, le texte de la Hagaddah et ses commentaires.

Mais au-delà de ces aspects, que je définirai comme physiques, Pessa’h est «Zéman ‘Hérouténou, le temps de notre liberté», une liberté qui aboutit à Chavouoth, au pied du mont Sinaï. Il ne suffit pas de quitter l’esclavage d’Egypte pour être réellement libre, il faut aussi ne pas tomber dans le piège de l’asservissement à sa propre personne. La préparation requise pour atteindre ce type de liberté, le soir de Pessa’h, est certainement plus difficile que la préparation physique.

En fait, les faits et gestes qui précédent Pessa’h ne sont que le reflet matériel de la dynamique de Téchouva qui prépare l’homme à Pessa’h.

· Rechercher le ‘Hametz et le détruire : Le ‘Hametz symbolise la vanité, l’orgueil et l’égocentrisme dont nous sommes tous, humains, marqués. Pour accéder à la liberté que D-ieu nous offre, nous devons préalablement faire le ménage dans nos idées préconçues, dans nos préjugés, dépoussiérer le sentiment d’avoir la science infuse et enfin savoir être assez modestes pour daigner  s’asseoir avec d’autres individus pour apprendre le message de D-ieu. La recherche du ‘Hametz se fait traditionnellement à la lumière d’une bougie représentant la lumière de l’âme. Nous devons laisser nos sentiments les plus profonds et les plus juifs nous aider à éclairer notre parcours dans la recherche de la liberté.

· Faire les achats des produits de Pessa’h : Après avoir chassé le mal, l’homme doit « meubler » son existence d’actes positifs.

· Faire le récit de la Hagaddah et répondre aux questions des enfants : Pour être assuré de remplir sa mission, l’homme ne doit pas se limiter à chasser son mal et à acquérir des bonnes habitudes, il doit devenir acteur. Pour cesser d’être un esclave, l’homme doit aussi se libérer de son égoïsme et se tourner vers les autres, vers l’enfant. Ainsi, en prenant conscience du fait qu’il doit être l’éducateur et la référence de l’autre, l’homme doit se remettre en question, Ma Nichtana. Car être libre c’est être « différent, aujourd’hui, de tous les autres jours ».

C’est dans cette perspective que, certainement, chacun de nous pourra célébrer le prochain Pessa’h à Yérouchalaïm avec le Machia’h à notre tête.

Rav Eliahou DAHAN