Plus Haut !
Lorsqu’il était enfant, le Tséma’h-Tsédek, jouait avec des amis à grimper sur une échelle. Tous ses camarades avaient peur d’aller jusqu’au sommet; après avoir gravit quelques échelons, ils redescendaient prudemment. Le petit Mena’hem Mendel, lui, ne semblait craindre ni la hauteur, ni les éventuels effets du vertige. Plus tard, son grand-père, Rabbi Schnéour-Zalman, lui demanda: «et comment n’as-tu pas eu peur comme les autres?»
L’enfant répondit: «Les autres, lorsqu’ils grimpaient, ils regardaient toujours vers le bas. Aussi, en prenant conscience de la hauteur qu’ils avaient déjà parcourue, ils étaient pris de panique et ils redescendaient. Tandis que moi, quand je suis monté, je ne cessais de regarder vers le haut – en direction de ce que j’avais encore à faire; je voyais alors combien j’étais loin du but et c’est cela qui m’incita à monter encore plus haut.»
C'est Moi ?!
Reb Yoel était un ‘Hassid qui vivait dans le petit village de Tshopli où il tenait honnêtement une petite auberge. Il était apprécié – des membres de sa communauté, de ses clients et du seigneur qui lui louait le terrain – pour sa droiture et sa bonté.
Reb Yoel était un fervent disciple de Rabbi Mordé’haï de Lechovitch. Il lui rendait souvent visite pour écouter de nouvelles leçons. C’est d’ailleurs dans ce but qu’il fit l’acquisition d’un petit cheval blanc.
Un jour, il se mit à languir son maître. Il voulait apprendre un nouvel enseignement, une de ces paroles qui lui donnerait un élan nouveau et qui l’aiderait à aller encore plus loin dans le raffinement de sa personne. Il était tant assoiffé qu’il prit la route sans attendre. Une fois arrivé devant la maison du Rabbi, il attacha son cheval et il se précipita vers l’entrée de la demeure.
Reb Yoel se mit à frapper avec vigueur sur la porte. « Ouvrez ! Ouvrez, s’il vous plait ! » s’exclama-t-il.
« Qui est là ? » demanda une voix.
« C’est moi ! » dit le ‘Hassid.
Il entendit alors la voix de Rabbi Mordé’haï qui lui dit à travers la porte : « Mais, qui ose donc, parmi les créatures de toute la terre, dire ‘je suis’ en parlant de lui-même ! Il n’y a que D-ieu qui peut affirmer ‘Je suis’, personne d’autre ! »
Lorsque Reb Yoel entendit ces quelques mots venant de l’intérieur, il n’avait plus besoin d’entrer. Il reprit son petit cheval et il rentra chez lui. Sa soif s’était épanchée, il avait désormais matière à penser.
Ce N'est Pas Pour Demain
Rabbi Avraham de Slonim – auteur du livre « Beth Avraham » – s’est entretenu, un jour, avec un jeune Juif, assez brillant, qui avait quitté, à cause de mauvaises fréquentations, la voie de la Torah. Ce jeune homme passait son temps avec des révoltés qui ne se référaient ni à D-ieu ni à Sa loi. Le Tsaddik s’adressa à lui par des mots venant du cœur pour tenter de le remettre sur le droit chemin.
Le jeune homme fut touché par les paroles chaleureuses du maître, et il fut convaincu qu’il devait faire Téchouva. Néanmoins, il avait le sentiment qu’il lui serait trop difficile de couper les ponts avec ses camarades d’un seul coup. Il voulait que cela se fasse graduellement. Il demanda, alors, à Rabbi Avraham qu’il lui permette de passer cette journée – qui serait la dernière – avec ses amis.
« Demain, je deviendrai un autre homme ! » s’engagea-t-il.
« Non ! Il n’en est pas question ! » répliqua le Tsaddik. « Ce n’est pas ainsi qu’il faut faire pour procéder à un changement catégorique. Lorsque Hachem voulut donner la Torah, Il dit à Moché : ‘Vous vous sanctifierez aujourd’hui et demain’. Cette indication constitue la réponse au Yetser Hara qui tente toujours de repousser à demain le changement. D-ieu vient ici nous dire que la sanctification doit être entreprise dès aujourd’hui et que demain sera un autre jour ! »
Question de Priorité
La communauté Juive de la Grande Russie traversait, au début du siècle, de grandes épreuves. Les responsables communautaires et les Rabbins s’étaient donné rendez-vous chez un riche ‘Hassid à S. Petersbourg pour une réunion d’urgence.
Les discussions se prolongeant dans l’après-midi, le maître de maison proposa de servir le thé. Là, rabbins et responsables se trouvèrent face à un dilemme : c’était déjà l’heure de Min’ha – office de l’après-midi. Fallait-il alors servir le thé ou plutôt faire d’abord l’office de Min’ha ?
Alors que le débat allait bon train, Rabbi Chalom DovBer de Loubavitch intervint et dit : « Mes chers amis ! En fait, la solution est simple. Tout dépend de ce que vous désirez faire tranquillement. Si c’est le thé que vous voulez boire sereinement, commencez par prier Min’ha ; mais, si c’est Min’ha que vous voulez faire sans souci, dans ce cas, buvons d’abord le thé ! »