
Le Sanctuaire – La Fusion entre Les Pôles de l’ExistenceLa Huitième EtapeLa Huitième DimensionLes Signes de CacherouthLe Sanctuaire – La Fusion entre Les Pôles de l’Existence « Le huitième jour, Moché convoqua Aaron, ses fils… Moché et Aaron entrèrent dans le Ohel Moëd, et lorsqu’ils en sortirent, ils bénirent le peuple. La Gloire de D-ieu fut alors révélée à tout le peuple. » (Lévitique 9 – 1,23) La Paracha de cette semaine – Chemini – raconte l’inauguration du Michkan. Après sept jours de consécration et d’initiation, le Huitième jour toute l’assemblée se regroupa autour de Moché et de Aaron et ce n’est qu’à ce moment que se produisit la révélation de la Gloire Divine aux Yeux de Tous. Durant sept jours, Moché initia les prêtres au service du Temple et aucun signe de révélation ne prit place dans le Sanctuaire. Le peuple commençait à s’inquiéter. Avait-il entrepris une telle œuvre en vain ? La Présence Divine dans ce Temple devait témoigner que le péché du Veau d’Or était pardonné. Qu’est-ce qui n’allait pas ? Ils découvrirent, alors, nous disent nos sages, qu’il manquait la participation de Aaron, le Grand Prêtre. Les deux frères – Moché et Aaron – incarnent deux facettes du service de D-ieu – radicalement différentes, certes, mais – complémentaires. Seul leur association pouvait produire la Révélation. La démarche de Moché consistait à déverser le savoir du Haut vers le Bas ; sa mission était d’apporter la Parole Divine ici-bas. C’est lui qui a cherché la Torah dans les Cieux pour l’offrir au peuple d’Israël. La démarche de Aaron se situe dans la direction opposée : il tente de monter vers le Haut. Ceci se reflète d’ailleurs dans le rite quotidien qu’il avait pour mission de remplir : allumer – « faire monter » – les flammes de la Ménora. Il avait pour mission d’élever et de guider le peuple Juif vers D-ieu. Aaron ravivait la flamme qui dormait en chaque individu. Les deux pulsions – la dynamique « vers le haut » et celle « vers le bas » – dont indispensables pour la réalisation du projet Divin d’établir « pour Lui une Résidence ici-bas ». D-ieu engage Sa Sainteté dans les dimensions matérielles afin que nous puissions atteindre le raffinement et l’élévation. Une fois que Moché descendit la Torah en ce bas monde, une autre étape était nécessaire : les hommes devaient faire l’autre moitié du chemin et venir à la rencontre du Divin dans le Sanctuaire. Seule la fusion des deux élans peut garantir que le plus Haut degré vienne habiter le plus humble des niveaux. Néanmoins, la Paracha souligne l’importance du rôle de Aaron. La leçon que nous fournit la Paracha est claire : Nous devons imiter Aaron, tenter d’agir dans son esprit, si nous souhaitons que la Présence Divine nous imprègne. Nos maîtres rappellent dans Pirkéï-Avoth – les Maximes de nos Pères – que Aaron était un homme qui « aimait la paix, qui la poursuivait, qui aimait les créatures et qui les approchait de la Torah. » L’effet d’une telle démarche envers son prochain n’a pas pour seul résultat le bien d’autrui ; nous en jouissons tout autant. En effet, comme nous l’avons démontré plus haut, c’est l’élan « vers le Haut » qui précisément invite la Présence Divine à investir notre œuvre. Likouté Si’hoth Vol VII « Le huitième jour, Moché dit à Aaron, à ses enfants et aux anciens d’Israël…Moché dit : Voici ce que D-ieu a ordonné ; accomplissez-le et la gloire de Hachem se révélera à vous. » (Lévitique 9 – 1,6) A la suite du commandement de Hachem d’édifier le Tabernacle, notre Paracha nous raconte qu’après les préparatifs entrepris par Moché, Aaron et ses enfants, pendant les « sept jours d’initiation » - jours consacrés à l’exercice et à l’entraînement au service du Michkan – les Béné-Israël méritèrent la révélation de D-ieu, le huitième jour. La Divinité se posa sur le fruit de leurs efforts, sur le produit de leurs actes, le Michkan. Quel enseignement, le Juif d’aujourd’hui, peut-il tirer du fait que D-ieu s'est révélé au huitième jour, après les sept jours d’initiation ? Le chiffre sept symbolise, dans la pensée Juive, l’ordre naturel. Par exemple, le cycle hebdomadaire est formé de sept jours. Par contre, le chiffre huit, qui dépasse donc l’ordre du sept et de la nature, symbolise l’ordre du surnaturel. Les manifestations de la Divinité se présentent, elles aussi, sous les formes de ces deux chiffres, le sept et le huit. Le chiffre « sept » représente la lumière finie qui s’investit dans la Création et dans les dimensions naturelles, l’immanence. Le chiffre « huit » représente la lumière qui transcende la Création et lorsqu’elle se manifeste, c’est le miracle. Cependant, la lumière Divine qui s’exprime dans le chiffre « huit » n’exclut pas l’aspect naturel des choses et n’en est pas séparé. Car pour se révéler, la dimension du “huit” doit être précédée par les sept étapes qui la précèdent. Il est vrai que le Juif n’est pas soumis aux contraintes qu’imposent la nature et ses limites lorsqu’il fait la volonté de D-ieu. L’existence du peuple juif ne s’est jamais mesurée en termes de chiffres et de statistiques, mais lorsqu’il s’agit de la révélation de la dimension représentée par le « huit », il est indispensable que l’homme produise, auparavant, « les sept jours d’initiation » ; c’est-à-dire, qu’il faut que son service de D-ieu et son engagement investissent toutes les dimensions révélées de sa vie. Alors, il verra « la gloire de Hachem – la transcendance – se révéler » dans son œuvre. C’est bien les sept jours d’initiation qui préparèrent le terrain pour que D-ieu puisse se révéler, le huitième jour, dans le Michkan devant toute l’assemblée d’Israël. Pour nous aussi, aujourd’hui, juifs enfermés et limités dans les contraintes de l’exil, ce sont les actes et les efforts produits, maintenant, qui font naître les révélations de l’ère Messianique. Nos sages affirment, d’ailleurs, que « la harpe du Temple, à l’époque de Machia’h, aura huit cordes ». Car le chant de la Guéoulah dépassera tous les cantiques composés dans les époques précédentes – huit cordes – mais c’est aujourd’hui que chaque homme participe à la composition de cette harmonie, tant attendue, par ses actes de bonté de tous les jours. Likouté Si’hoth Il est convenu que le nom d’une Paracha reflète son contenu. Il en est ainsi pour la Paracha de cette semaine – Chemini – le huitième – qui traite de divers sujets qui sont tous plus ou moins liés au thème central exprimé par le terme « Chemini ». Chemini conclut le sujet de la Paracha précédente : les sept jours de consécration du Michkan. Chemini – huitième – fait référence au huitième jour de la consécration du Sanctuaire, jour où fut célébrée l’inauguration du Temple. Il est intéressant de remarquer que la Paracha se conclut par l’énumération des lois relatives aux animaux cachers et non-cachers – un sujet qui n’a, à priori, aucun rapport avec le thème de Chemini. Quel est donc le lien entre ces deux sujets ? Le chiffre huit symbolise un niveau de spiritualité qui transcende la création. Il existe plusieurs éléments du monde physique qui sont liés au chiffre sept ; le chiffre sept représente l’ordre naturel. La dimension spirituelle est supérieure à la dimension matérielle et au chiffre sept, c’est pourquoi elle est symbolisée par le chiffre huit. Le monde fut créé pour être pénétré par la lumière Divine. Ce projet est mis en œuvre par la pratique de la Torah et des Mitsvoth. Le monde doit atteindre la fusion entre le huit – le spirituel – et le sept – le matériel ; en d’autres termes : le monde fut créé pour amener D-ieu à se révéler dans Sa Création. Cette idée nous permet de comprendre pourquoi notre Paracha ne parle que du huitième jour et ne rappelle plus les sept jours de consécration qui le précédèrent. Pendant cette période, Aaron et ses enfants préparèrent le Temple pour l’évènement de l’inauguration. Leurs actions s’inscrivaient dans la dimension du sept – dans l’ordre naturel. Puis, vint le huitième jour ; c’est en cette journée que la Présence Divine se révéla ici-bas dans le Sanctuaire. La fusion entre le sept et le huit prit enfin place. Le sujet abordé dans la fin de la Paracha – les animaux cachers et non-cachers – nous apprend que chaque détail de la création est lié au service de D-ieu. Les animaux furent, eux aussi, créés dans le but d’être raffinés par l’homme dans le cadre de l’élévation du monde dans son ensemble. Cette idée est donc effectivement liée au thème central de Chemini – amener la Divinité dans le monde matériel par le biais des Mitsvoth. A l’époque Messianique, la Lumière de D-ieu – qui est au-delà de la création – sera dévoilée au point qu’elle sera perçue à l’œil nu. En ces temps la Présence Divine résidera dans le monde matériel. Nos sages nous enseignent, d’ailleurs, que la harpe du Machia’h aura huit cordes, alors que celle de David n’en avait que sept. Likouté Si’hoth Vol III Une grande partie de la Paracha de la semaine – Chemini – traite des lois de la diététique Juive – la Cacherouth. La Torah définit les animaux qu’un Juif a le droit de consommer et ceux qui sont non-Cachers. Elle donne deux conditions pour qu’un animal soit Cacher : il doit être ruminant et avoir les sabots fendus. La Torah recommande que l’on veille tant à son bien-être physique qu’à sa santé spirituelle. Les lois de la Cacherouth concernent ce deuxième aspect : la santé de l’âme. Ainsi, la Torah interdit les aliments qui seraient nuisibles à notre statut spirituel. La nourriture que nous mangeons se transforme et devient rapidement une partie de notre corps. Nous devons donc veiller à ce qu’elle soit saine matériellement et spirituellement. La santé spirituelle et morale dépend de la Cacherouth ; c’est pourquoi l’homme doit lui aussi posséder les qualités requises à l’animal Cacher : il doit « ruminer » et avoir « les sabots fendus ». Le sabot est la partie la plus basse du corps de l’animal ; il est en contact direct avec le sol et permet de protéger l’animal des dangers qui s’y trouvent. En fait, symboliquement, même un animal doit être séparé de la terre pour être considéré Cacher. Il en est de même pour le Juif : il doit avoir un sabot. Il doit créer une séparation entre la terre – ses pulsions corporelles – et ses hautes facultés spirituelles. Même les degrés les plus inférieurs de l’âme – comparables aux pieds – ne devraient jamais être en contact avec le sol. L’homme ne doit jamais s’investir totalement dans les affaires matérielles. C’est avec un certain détachement qu’il s’engagera dans ses occupations. Le sabot d’un animal Cacher doit être fendu en deux. Ceci indique que le Juif doit diriger ses affaires matérielles – le sabot – dans deux directions opposées : « La droite approche et la gauche repousse. » L’homme engagera son « côté droit » dans l’étude de la Torah et la pratique des Mitsvoth, ainsi que pour rapprocher son prochain au Judaïsme ; tandis que son « côté gauche » l’aidera à s’éloigner des influences négatives. Faire la différence entre la gauche et la droite est une chose essentielle. Nul ne peut espérer obtenir le bien sans avoir à fuir le mal. Le bien et mal ne doivent jamais être confondus – à l’image du sabot de l’animal Cacher fendu en deux parties distinctes. La deuxième caractéristique d’un animal Cacher, c’est qu’il doit être ruminant. Le Juif doit également « ruminer ». Avant chaque nouvelle étape de son existence, il lui faut reconsidérer ses projets avant d’agir. C’est en soumettant son comportement à un examen minutieux qu’il pourra avoir la garantie que ses actes seront purs. Les lois de la Cacherouth statuent aussi sur la définition des oiseaux Cachers. Certaines espèces sont inaptes à la consommation. Or, en la matière, seule la tradition détermine les espèces permises. Ceci aussi révèle un enseignement : nous ne devons pas uniquement compter sur notre raison, sur notre intellect ; le Judaïsme vit intensément en s'inspirant de la tradition sacrée. Nous devons donc, en plus de nos acquis intellectuels, nous relier au maître de la génération – détenteur de la tradition – pour que nos actes soient purs. Likouté Si’hoth Vol I |