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Pirkéï
Avoth - Maximes de nos Pères Chapitre III |
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(Chapitre 3 - 1) La Michna a pour habitude d’être un texte concis. Pourtant, il semble qu’ici l’auteur pouvait faire l’économie de l’introduction « Pense à… à fauter » et débuter sa leçon directement par les mots « Sache que tu viens d’une goutte… » ? En fait, l’enseignement de Akavya Ben Mehalalel est composé de deux parties distinctes. Dans son introduction, le maître nous transmet une recette plus générale pour ne pas fauter. L’homme peut, sans avoir à penser aux trois points spécifiques énoncés plus loin – l’origine, la direction et le jugement – éviter la faute. Il doit, pour cela, savoir que l’existence s’articule autour de trois points. L’homme moyen est conscient – généralement – de deux entités : sa propre existence et celle de D-ieu. Ainsi, il sent – comme l’affirme le Talmud – qu’il n’a été créé que « pour servir Son Créateur. » Notre Michna nous indique qu’il existe une troisième entité que l’homme ne peut ignorer : le monde, l’espace où le service de D-ieu devrait s’inscrire. L’homme doit être conscient que sa raison d’être n’est pas uniquement le rapport vertical qu’il établit avec D-ieu. La vie doit être vécue, ici et maintenant ! L’homme doit vivre un lien à l’horizontale et agir sur le monde qui l’entoure. L’âme étant une « parcelle de D-ieu », elle n’a donc pas besoin d’être raffinée ou élevée. Son seul but – en descendant sur terre – est d’accomplir la mission suprême de transformer ce monde et d’y révéler la Divinité. Sefer Hasi’hoth 5751
Le terme « Méaïn – D’où » signifie aussi en hébreu « du néant ». La phrase peut être, alors, interprétée ainsi : « Sache que tu viens du Aïn – du néant. » En effet, l’âme provient de la Transcendance Divine – un niveau définie comme « néant », parce qu’il dépasse toutes les limites de la perception humaine. C’est d’ailleurs cette origine suprême qui continue à exercer une influence constante sur la Néchama – l’âme – pendant son séjour sur terre, et qui l’inspire à s’engager dans une voie sans faille et à l’altruisme. Cette Michna recommande à l’homme de prendre conscience de l’état suprême de l’origine Divine qui l’habite pour que le péché lui soit étranger. Likouté Si’hoth IV
Nous constatons à la lumière de cette Michna que lorsque deux individus étudient ensemble, la Ché’hina – Présence Divine – un niveau de Révélation qui dépasse toutes les limites des efforts de l’homme, vient alors les habiter. Par contre, lorsqu’une personne étudie seule elle reçoit, certes, une récompense – puisqu’elle a fait une bonne action – mais celle-ci est limitée. La différence vient du fait que lorsqu’une personne communique avec autrui, elle dépasse, de ce fait, ses propres limites puisqu’elle sort de son cadre personnel. C’est pourquoi, l’étude plurielle à le pouvoir d’attirer la Révélation d’une Divinité transcendante. Mais, lorsqu’une personne étudie seule, sa compréhension ne peut dépasser les limites de sa propre intelligence. Par conséquent, sa rétribution est limitée. Chabbath Dévarim 5751
(Chapitre 3 -3) Lorsque des personnes parlent de la Torah en mangeant, la table sur laquelle elles mangent devient infiltrée par les caractères saints et spirituels de la Torah. Cette idée se trouve être dans le même esprit des autres concepts enseignés par Rabbi Chimon Bar Yo’haï. Il estimait que l’étude de la Torah avait le pouvoir d’influer dans tous les aspects de la vie ; jusqu’aux besoins matériels des hommes.Le Zohar rapporte d’ailleurs cette anecdote. Une fois, Israël fut touché par la sécheresse, les Juifs vinrent chez Rabbi Chimon Bar Yo’hai pour lui demander un conseil. Le Tsadik dit un discours basé sur le verset « Hiné Ma Tov, qu’il est bon, qu’il est agréable à des frères d’être assis ensemble. » La pluie commença à tomber juste après. Chabbath Dévarim 5740
(Chapitre 3 - 5) La Michna ne dit pas que celui qui étudie la Torah est préservé des contraintes de ce monde. Il ne s’agit pas, ici, de cela. L’étude seule ne profère pas ce type de protection ou de privilège surnaturel.Rabbi Né’honia parle de celui qui ne se limite pas à une étude et à des sujets qui lui apportent contentement et satisfaction, mais de l’homme dont l’engagement pour l’étude dépasse ses moyens et son simple plaisir personnel.En effet, chaque personne a plaisir à étudier les sujets dans lesquels elle se sent à l’aise et elle y trouve alors une certaine satisfaction. La Michna recommande qu’une personne dépasse ses propres tendances pour étudier la Torah le plus objectivement possible. Aussi, lorsque l’homme arrive à dépasser ses limites et ses contraintes internes, il est alors normal que D-ieu lui retire, en contre-partie, les contraintes que présentent la nature et le monde environnant. Chabbath Vaét’hanan 5745
(Chapitre 3 – 14) Il y a trois sentences dans cette Michna. La première souligne les vertus de l’humanité dans son ensemble. La seconde indique la qualité du peuple Juif sans considération à son lien avec la Torah. La dernière phrase met en évidence le rapport privilégié, entre Dieu et le peuple Juif, créé par la Torah. Nous constatons que dans cette Michna sont évoquées trois étapes de l’histoire du monde. Au commencement, l’homme fut créé à l’image de D-ieu. Au moment de la sortie d’Egypte, les Juifs reçurent le titre d’enfants de D-ieu. Puis vint le Don de la Torah qui leur conféra un lien particulier avec D-ieu. Ces trois phases existent aussi dans l’existence de chaque individu. A l’état d’enfant, l’homme développe son aspect physique. L’accent est mis sur les valeurs partagées avec le reste de l’humanité. Après la Bar-Mitsva, il acquiert le potentiel d’établir un lien avec D-ieu par la pratique des Mitsvoth. Puis vient l’âge de la maturité, il lui est alors possible de profiter pleinement des précieuses valeurs de l’étude de la Torah. Ces trois sentences s’appliquent aussi à l’histoire personnelle de Rabbi Akiva. Il était issu d’une famille de prosélytes ; il pouvait donc apprécier les vertus et les valeurs communes à toute l’humanité. Il fut ignorant pendant 40 années de sa vie ; c’est alors qu’il découvrit les valeurs qui existent chez chaque Juif, même s’il est illettré. Puis, il se consacra, 80 années durant, à l’étude de la Torah ; c’est à cette époque qu’il apprécia le joyau précieux, la Torah que Hachem offrit à Sa bien-aimée – le peuple Juif. Sefer HaSi’hoth
(Chapitre 3 – 16) Les commentaires déclarent que le terme « festin » fait allusion au Olam Habba – le monde futur – le point culminant de l’Ere Messianique. Cette Michna est donc appropriée à notre époque. Car, suivant l’analogie de nos maîtres, la table est effectivement dressée, les plats sont déjà servis, et le Machia’h est assis à notre table. Nous n’avons plus qu’à ouvrir les yeux pour en être conscients. Nos sages affirment que le Machia’h attend avec impatience l’instant de sa révélation. Dans les générations précédentes, sa venue fut retardée car le peuple Juif n’avait pas encore rempli sa mission. Maintenant, toutefois, tout a été accompli ; il ne manque plus rien. Le festin est prêt. Il ne nous reste plus qu’à nous préparer à l’événement. Soyons prêts à recevoir le Machia’h. Sefer HaSi’hoth 5752 |
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